La secrétaire générale de la CGT, Sophie Binet, a révélé faire l’objet d’une nouvelle procédure judiciaire liée à des propos tenus sur la situation sociale au sein de Tefal.

Cette affaire intervient dans un contexte de tensions autour des conditions de travail et des enjeux environnementaux liés à certains composants chimiques utilisés dans l’industrie.
Sophie Binet a annoncé ce lundi 25 mai être concernée par une procédure judiciaire en diffamation. Invitée sur France 2, la dirigeante syndicale a expliqué avoir appris quelques jours plus tôt sa mise en examen à la suite de déclarations publiques concernant l’entreprise Tefal.
Selon elle, cette procédure fait suite à des propos prononcés lors de la dernière édition de la Fête de l’Huma, au cours de laquelle elle avait dénoncé ce qu’elle qualifie de « répression patronale » au sein du groupe. La responsable syndicale affirme également que la CGT alerte depuis plusieurs mois sur les risques liés aux PFAS, des composants chimiques utilisés notamment dans certaines poêles antiadhésives.

Des tensions autour des conditions de travail et des PFAS
La CGT soutient qu’une représentante syndicale de Tefal aurait été sanctionnée en interne après avoir demandé davantage d’informations concernant l’utilisation de ces substances chimiques et leurs conséquences potentielles sur les salariés. Le syndicat évoque un climat de tensions autour des questions environnementales et sociales dans l’entreprise.
En septembre dernier, Sophie Binet s’était rendue sur le site industriel de Rumilly, en Haute-Savoie. Lors de cette visite, elle avait plaidé pour la mise en place d’une stratégie permettant d’anticiper les enjeux environnementaux liés à la fabrication des produits, tout en assurant la pérennité de l’activité industrielle.
Tefal rejette les accusations formulées

De son côté, l’entreprise Tefal conteste fermement les accusations portées contre elle. Dans une déclaration transmise à l’AFP, le groupe affirme que cette procédure ne vise pas à remettre en cause la liberté syndicale ni le débat public. L’entreprise estime toutefois que la liberté d’expression ne permet pas d’attribuer des faits qu’elle juge inexacts.
Tefal assure également réfuter toute accusation de répression syndicale. Cette affaire intervient dans un contexte où les questions liées aux PFAS font l’objet d’une attention croissante de la part des autorités sanitaires, des associations environnementales et des organisations syndicales.
Une deuxième procédure judiciaire en quelques mois

Cette annonce intervient alors que Sophie Binet avait déjà évoqué, en décembre dernier, une autre mise en examen dans une affaire distincte. Celle-ci concernait des propos tenus à la radio au sujet de grands dirigeants d’entreprise, dans un débat autour des questions fiscales et des délocalisations.
La secrétaire générale de la CGT a estimé que la multiplication de ces procédures judiciaires soulevait la question de la protection de la liberté d’expression syndicale. Elle a appelé les parlementaires ainsi que le gouvernement à se saisir du sujet afin d’encadrer davantage ces situations.










