À Nantes, une initiative originale attire l’attention dans les jardins partagés. Derrière son apparente simplicité, une expérience menée au cœur du parc de la Crapaudine vise à révéler la richesse invisible des sols.

Entre démarche scientifique et pédagogie accessible, des jardiniers observent un phénomène naturel essentiel à la biodiversité. Au parc de la Crapaudine, les jardiniers ne se contentent pas de cultiver fruits et légumes : ils participent aussi à une expérimentation scientifique singulière. Ce 22 avril, plusieurs d’entre eux ont enterré des morceaux de coton, sous la forme inattendue de sous-vêtements, afin d’observer leur décomposition dans le sol.
Cécile, l’une des participantes, creuse la terre avec méthode avant d’y déposer un slip blanc à une quinzaine de centimètres de profondeur. Ce geste, en apparence anodin, s’inscrit dans une démarche rigoureuse visant à évaluer l’activité biologique du sol. L’objet est placé à plat, devenant ainsi un indicateur discret de la vie souterraine.
Mesurer la vitalité d’un sol

L’objectif de cette expérience repose sur un principe simple : observer la vitesse de dégradation du coton. Plus le tissu se décompose rapidement, plus cela révèle la présence active de micro-organismes et de petites espèces vivantes dans la terre. À l’inverse, une faible dégradation traduit un sol appauvri.
Selon Cécile, cette observation permet d’identifier la richesse biologique d’un terrain. Elle souligne que la transformation du coton dépend directement de l’activité des vers de terre, bactéries et autres microfaunes, indispensables à l’équilibre des écosystèmes.
Dans deux mois, les participants reviendront sur place pour déterrer les objets enfouis et analyser les résultats obtenus.
Une démarche pédagogique et accessible

Présidente des jardins familiaux de la Crapaudine, Stelly Olivé participe pour la première fois à cette initiative. Elle met en avant l’intérêt pédagogique de cette méthode, qui permet de visualiser concrètement la santé d’un sol. Selon elle, l’expérience facilite la compréhension d’un phénomène souvent abstrait.
Elle précise également que les résultats pourront orienter les pratiques agricoles. Un sol peu actif nécessitera des ajustements, comme l’ajout de compost ou de matières organiques, afin de favoriser le développement de la vie souterraine. La préservation des organismes vivants, notamment les vers de terre, reste essentielle dans cette démarche.
Un écosystème vivant sous la surface
Franck Coutant, représentant de la Direction Nature et Jardins de la Ville de Nantes, rappelle que le sol constitue un véritable milieu vivant, et non un simple support pour les cultures. Il insiste sur le rôle central des micro-organismes, capables de transformer la matière organique et d’enrichir la terre.
L’état du coton après plusieurs semaines permet d’évaluer cette activité. Un tissu largement dégradé, laissant apparaître de nombreuses perforations ou ne conservant que l’élastique, témoigne d’un sol en bonne santé. À l’inverse, un vêtement intact signale un manque de vie biologique, avec des conséquences directes sur la croissance des plantes.
Une initiative pour sensibiliser à l’importance des sols
Au total, 29 pièces de coton ont été enterrées dans différents jardins partagés de Nantes dans le cadre de cette opération. Toutes seront analysées simultanément à la fin du mois de juin, afin de comparer les niveaux d’activité biologique selon les parcelles.










