La tension monte entre Charles Alloncle et plusieurs figures de France Télévisions.

Après la publication du rapport très commenté de la commission d’enquête parlementaire sur l’audiovisuel public, les réactions se multiplient au sein du groupe public. Les propositions du député concernant le sport et l’organisation des chaînes provoquent désormais un affrontement direct avec certains journalistes emblématiques.
Depuis plusieurs mois, Charles Alloncle pilote une vaste commission d’enquête parlementaire consacrée au fonctionnement de France Télévisions. Cette mission avait pour objectif d’examiner le financement, la gestion ainsi que la neutralité éditoriale du service public audiovisuel, dans un contexte marqué par de nombreux débats politiques autour de son avenir.

Invité du Buzz TV sur Le Figaro TV ce lundi 11 mai, le député UDR et rapporteur de la commission est revenu longuement sur le travail mené ces derniers mois. Il a décrit une enquête d’une ampleur exceptionnelle, menée avec ses collaborateurs à travers un nombre important d’auditions et l’analyse de centaines de documents.
Selon lui, jamais une commission d’enquête n’aurait mobilisé autant d’heures d’auditions et de pièces étudiées. Charles Alloncle affirme même que la publication du rapport final, le 5 mai dernier, aurait entraîné une saturation temporaire du site de l’Assemblée nationale en raison du nombre massif de consultations.
Des propositions qui divisent profondément France Télévisions
Le rapport remis par la commission contient 69 propositions destinées à transformer l’organisation de l’audiovisuel public. Certaines mesures envisagées provoquent déjà de vives oppositions au sein de France Télévisions, notamment l’idée d’une fusion entre France 2 et France 5.
Le député explique vouloir rationaliser les coûts et recentrer le service public sur des missions qu’il juge davantage liées à l’intérêt général. Parmi ses critiques figure également la place importante accordée aux émissions de divertissement et aux jeux télévisés sur les antennes publiques.

Charles Alloncle estime notamment que les jeux occupent une place excessive dans la grille des programmes. Il pointe la multiplication des cases de divertissement quotidiennes, particulièrement sur France 2, qu’il considère éloignées de la vocation première du service public audiovisuel.
Ces propositions ont rapidement suscité des réactions internes, plusieurs salariés et figures de France Télévisions craignant une remise en cause profonde du modèle actuel du groupe audiovisuel.
Le sport devient le principal sujet d’affrontement

Mais c’est surtout la question du sport qui cristallise aujourd’hui les tensions les plus importantes. Le rapport prévoit une réduction d’environ un tiers du budget consacré aux retransmissions sportives sur le service public, une proposition immédiatement perçue comme une menace pour la diffusion gratuite de nombreuses compétitions majeures.
Ces dernières semaines, plusieurs critiques ont accusé Charles Alloncle de vouloir retirer du service public des événements emblématiques comme le Tour de France, Roland-Garros, le Tournoi des Six Nations ou encore les Jeux olympiques.
Le député rejette catégoriquement ces accusations et affirme au contraire vouloir préserver certaines compétitions sur les chaînes accessibles gratuitement. Selon lui, ses propositions ont été largement déformées dans le débat public.
Parmi les personnalités ayant exprimé leur inquiétude figure notamment Laurent Luyat, visage historique du sport sur France Télévisions. Invité dans Puremédias l’hebdo sur T18, le journaliste avait estimé qu’une réduction des moyens financiers du groupe risquait de rendre de nombreux événements sportifs accessibles uniquement via des chaînes payantes.










