Sa suggestion suivante atteint des sommets d’indécence : « En plus, ils étaient six, alors je ne vois pas en quoi leur chien était indispensable à ce moment-là aux personnes sourdes. Elles auraient pu le laisser dans la voiture pour dîner. »
Laisser un chien-guide dans une voiture. En plein mois d’août. Sur la Côte d’Azur. L’absurdité de la proposition révèle une méconnaissance totale du rôle vital de ces animaux d’assistance. Anphuc Tran traite Simba comme un simple animal de compagnie qu’on abandonne le temps d’un repas.
Le restaurateur déplore certes la mauvaise image qui frappe désormais son établissement. Mais il maintient sa position, imperméable aux reproches. Cette obstination face à la loi et au bon sens transforme un simple malentendu en scandale assumé.

L’Indispensable Compagnon De Vie
Cette méconnaissance révèle un gouffre béant. Claire Bire, directrice technique de l’association Les Chiens du silence, remet les pendules à l’heure. « Il faut comprendre que si ces personnes ont un chien, ce n’est pas par plaisir, mais par besoin. »
Simba, le berger australien du couple, n’est pas un simple animal domestique. C’est un garde du corps à quatre pattes, entraîné spécifiquement pour compenser leur handicap auditif. Claire Bire, qui a formé l’animal, détaille son rôle crucial.
« Il peut par exemple les prévenir s’il y a une alarme, un livreur qui sonne ou un danger particulier à éviter dans la rue », explique-t-elle. Chaque jour, Simba sauve potentiellement la vie de ses maîtres. Une sirène d’ambulance qu’ils n’entendent pas, un véhicule qui recule, une urgence domestique – autant de situations critiques où l’animal devient leurs oreilles.
