
Celui qui longtemps semblait hésiter à franchir le pas s’affirme désormais avec assurance. En rupture avec Mélenchon, il trace sa propre voie, portée par un discours de terrain et un ton de rassemblement. Le regard est désormais franc, le ton assuré. François Ruffin n’est plus ce trublion de gauche, entre journaliste militant et député inclassable, qui semait le doute sur ses ambitions. Ce jeudi, devant quelques journalistes, il a officiellement acté sa transformation : « Depuis 25 ans, je suis un agent d’influence de la gauche, j’ai gagné des batailles idéologiques. La donne a changé. »
Derrière cette déclaration, une stratégie se dessine clairement : l’émancipation. Émancipation de La France Insoumise, dont il fut un membre singulier, et surtout émancipation de l’ombre tutélaire de Jean-Luc Mélenchon. Un cap nouveau que symbolise la mutation de son micro-parti Picardie Debout! en un mouvement plus vaste, simplement baptisé Debout!, qui tiendra samedi son assemblée fondatrice.
Un passage à l’échelle nationale, taillé pour l’accompagner dans la primaire de la gauche qu’il appelle de ses vœux – une primaire sans Mélenchon, mais avec les écologistes, les socialistes, et peut-être bien d’autres encore.
Un appel au peuple et à l’unité

Ruffin ne veut plus ramer seul. Il le dit avec les mots de Roosevelt : « Le pays ne nous en voudra pas d’avoir échoué, il nous en voudra de ne pas avoir essayé. » Pour lui, le projet commun ne peut reposer que sur un large élan populaire. Il parle d’un million, deux millions, trois millions de citoyens à mobiliser. Un objectif ambitieux, mais qu’il présente comme vital, tant il est convaincu que les aventures en solo de Mélenchon ou Glucksmann conduiraient à une impasse.
