
Le Parquet national financier a confirmé que des opérations de perquisition avaient été réalisées le 21 mai dans des locaux rattachés à l’Élysée. Ces investigations s’inscrivent dans le cadre d’une information judiciaire ouverte autour de plusieurs marchés publics liés aux cérémonies de panthéonisation organisées par le Centre des Monuments Nationaux (CMN).
Selon les informations relayées par Le Monde puis confirmées à BFMTV par le Parquet national financier, ces opérations ont été préparées en amont à travers plusieurs échanges institutionnels afin de permettre leur déroulement.
Il s’agit d’un événement rare au sein du palais présidentiel. La précédente perquisition à l’Élysée remontait à 2018, dans le cadre de l’affaire impliquant Alexandre Benalla, durant le premier mandat d’Emmanuel Macron.

Une première tentative bloquée en avril
Avant cette opération, une première tentative de perquisition avait déjà eu lieu le 14 avril. À cette date, les enquêteurs du Parquet national financier n’avaient toutefois pas été autorisés à accéder aux locaux de la présidence.
Le refus s’appuyait alors sur une interprétation de l’article 67 de la Constitution française. Selon cette analyse, les locaux liés à la présidence de la République bénéficieraient d’une forme d’inviolabilité pendant la durée du mandat présidentiel.

Le procureur financier Pascal Prache avait expliqué que les magistrats et enquêteurs s’étaient vu opposer cette position juridique lors de leur arrivée à l’Élysée. L’article 67 prévoit notamment que le président de la République ne peut être poursuivi ou contraint à certaines procédures judiciaires pendant son mandat pour les actes accomplis dans l’exercice de ses fonctions.
Interrogée après les nouvelles perquisitions, la présidence de la République n’a pas formulé de commentaire immédiat.
Une enquête ouverte pour plusieurs infractions

L’enquête judiciaire en cours a été ouverte en octobre 2025. Elle porte sur des soupçons de favoritisme, de prise illégale d’intérêts, de corruption et de trafic d’influence autour de l’attribution de certains marchés publics.
Les investigations concernent plus précisément l’organisation des cérémonies de panthéonisation, ces hommages nationaux destinés à honorer des personnalités françaises au Panthéon.
Au centre des interrogations figure la société Shortcut Events. Les enquêteurs cherchent à comprendre dans quelles conditions cette entreprise a obtenu plusieurs contrats liés à ces cérémonies durant plus de deux décennies.










