Figure incontournable du paysage audiovisuel français depuis plus de six décennies, Michel Drucker a reçu des centaines de personnalités sur ses plateaux.

Pourtant, l’animateur de “Vivement dimanche” a toujours maintenu une limite claire concernant certains responsables politiques, un choix qu’il vient à nouveau d’assumer publiquement en revenant sur son histoire familiale.
Au cours de ses 61 années de carrière, Michel Drucker a accueilli dans ses émissions des artistes, des humoristes, des sportifs mais également de nombreuses figures politiques françaises.
Invité récemment dans l’émission En Raphäl animée par Raphäl Yem, le présentateur de Vivement dimanche a toutefois rappelé qu’il avait toujours refusé d’inviter des représentants de l’extrême droite sur ses plateaux télévisés.
Aujourd’hui âgé de 83 ans, l’animateur explique que cette position n’a jamais été motivée uniquement par des considérations politiques, mais également par son histoire familiale et personnelle. Michel Drucker affirme être resté fidèle aux valeurs transmises par ses parents, originaires d’Europe de l’Est.

Une histoire familiale profondément marquée par la guerre
Au cours de cet entretien, Michel Drucker a rappelé les origines roumaines de sa famille. Né d’un père issu de la Bucovine, région aujourd’hui située en Ukraine, l’animateur évoque un passé familial fortement marqué par la Seconde Guerre mondiale.
Son père, Abraham Drucker, a notamment été interné plusieurs années au camp de transit nazi de Camp de Royallieu. Sa mère, Lola Schafler, avait quant à elle été contrôlée par un officier de la Gestapo durant cette période.
Michel Drucker explique également que ses parents étaient proches des idéaux du Front populaire dirigé par Léon Blum. Il souligne notamment l’importance symbolique de l’année 1937, qui correspond à la naturalisation française de ses parents.
Pour l’animateur, cet héritage familial reste indissociable de son identité et de sa reconnaissance envers la France. Il affirme ainsi que sans cette période politique, il ne serait probablement pas devenu français.
Le refus d’inviter la famille Le Pen sur ses plateaux

Michel Drucker reconnaît avoir toujours éprouvé une certaine inquiétude vis-à-vis des mouvements extrêmes. Il explique que recevoir des représentants du Front national, devenu depuis le Rassemblement national, lui a toujours semblé impossible.
L’animateur rappelle pourtant avoir invité sur ses émissions plusieurs personnalités politiques issues de la gauche radicale ou de l’extrême gauche, comme Arlette Laguiller, Jean-Luc Mélenchon ou encore Olivier Besancenot.
Mais concernant Jean-Marie Le Pen et sa fille Marine Le Pen, Michel Drucker affirme avoir toujours ressenti une impossibilité personnelle liée à son histoire familiale. Il explique notamment que sa mère ne lui aurait jamais pardonné de recevoir des figures de l’extrême droite sur ses plateaux.
Une émission pensée comme un espace familial
Au-delà des convictions politiques, Michel Drucker estime également que son émission ne se prêtait pas à ce type d’invités. Il décrit “Vivement dimanche” comme un programme familial davantage centré sur les parcours de vie que sur les débats politiques.
Selon lui, les échanges proposés dans l’émission s’intéressaient principalement à l’histoire personnelle des invités, à leurs souvenirs ou à leur parcours humain plutôt qu’à leurs idées politiques.
L’animateur explique également qu’il ne se voyait pas recevoir la famille Le Pen dans ce cadre particulier. Il évoque notamment une famille « éclatée » et des relations personnelles compliquées qui lui semblaient incompatibles avec l’esprit de son émission.










