Le Conseil d’orientation des retraites (COR) a revu ses projections financières à long terme concernant le système de retraite français.

Si les perspectives à moyen terme demeurent relativement stables, les prévisions pour les décennies à venir apparaissent moins favorables, principalement sous l’effet des évolutions démographiques observées ces dernières années.
Dans son projet de rapport annuel, qui doit être examiné par les membres de l’institution, le Conseil d’orientation des retraites anticipe désormais un déséquilibre financier représentant 2,4 % du produit intérieur brut en 2070, contre 1,4 % dans ses estimations précédentes.
Cette révision marque une dégradation sensible des perspectives de long terme. En revanche, les projections concernant les prochaines décennies évoluent peu. Le COR maintient ainsi ses estimations d’un déficit de 0,2 % du PIB en 2030 et de 0,9 % en 2045.

Ces nouvelles données devraient alimenter les débats autour de l’avenir du système de retraite à l’approche des prochaines échéances politiques nationales.
Le recul de la natalité au cœur des nouvelles projections
Selon le rapport, la baisse durable du nombre de naissances constitue l’un des principaux facteurs expliquant cette révision à la hausse du déficit futur.
Jusqu’à présent, les scénarios du COR reposaient sur une hypothèse de fécondité de 1,8 enfant par femme. Désormais, l’institution retient une estimation de 1,45 enfant par femme pour les décennies à venir afin de mieux refléter l’évolution récente observée en France.

Cette diminution du nombre de naissances contribue progressivement au vieillissement de la population. À long terme, cette évolution modifie l’équilibre entre les actifs participant au financement du système et les retraités bénéficiant des pensions.
Le COR souligne néanmoins que les prévisions démographiques à plusieurs décennies restent par nature incertaines et doivent être interprétées avec prudence.
Plusieurs leviers envisagés pour préserver l’équilibre du système
Afin d’illustrer les différentes options possibles, le rapport examine plusieurs scénarios. L’un d’eux repose sur une augmentation progressive de l’âge moyen de départ à la retraite, qui atteindrait 64,4 ans en 2030, puis 65,8 ans en 2045, avant de s’établir à 67,6 ans en 2070.
Cette hypothèse constitue un exercice de projection permettant de mesurer l’impact d’un ajustement de l’âge de départ sur les finances du système.
Parallèlement, les experts prennent également en compte l’évolution des règles de revalorisation des retraites complémentaires définies par les partenaires sociaux gestionnaires du régime Agirc-Arrco. Ces nouvelles dispositions, jugées plus favorables aux retraités à long terme, influencent également les résultats financiers projetés.

Des facteurs compensateurs limitent les effets à moyen terme
Malgré cette dégradation des perspectives lointaines, plusieurs éléments contribuent à stabiliser la situation au cours des prochaines décennies.
Le COR intègre notamment une hausse du solde migratoire, désormais estimé à 150 000 personnes par an, contre 70 000 dans les précédentes projections. Cette évolution augmente le nombre potentiel de cotisants et participe au financement du système.
Les experts retiennent également une progression de l’espérance de vie légèrement moins rapide qu’anticipé auparavant. Ces deux facteurs permettent de compenser en partie les effets du vieillissement démographique.










