Dominique de Villepin se retrouve au centre d’une enquête ouverte par le Parquet national financier.

L’ancien Premier ministre est soupçonné d’avoir conservé deux statuettes reçues lorsqu’il occupait les fonctions de ministre des Affaires étrangères au début des années 2000. L’affaire, relancée après des révélations télévisées, suscite désormais des investigations judiciaires.
Le Parquet national financier a annoncé, mercredi 20 mai, l’ouverture d’une enquête préliminaire visant Dominique de Villepin. Les investigations portent sur les conditions dans lesquelles deux œuvres auraient été offertes à l’ancien ministre des Affaires étrangères, alors en poste entre 2002 et 2004 au Quai d’Orsay.
Dans un communiqué officiel, le PNF précise que l’enquête a été ouverte pour des faits susceptibles d’être qualifiés de « recel de détournement de fonds publics » ainsi que pour d’éventuelles infractions connexes. Les magistrats cherchent notamment à déterminer comment une statuette et un buste auraient été remis à Dominique de Villepin avant d’être conservés par ce dernier pendant plusieurs années.
L’institution judiciaire indique s’être appuyée sur les éléments récemment portés à sa connaissance pour lancer ces investigations. À ce stade, l’enquête demeure au stade préliminaire et aucune mise en examen n’a été annoncée.

L’entourage de Dominique de Villepin affirme sa sérénité
À la suite de l’annonce de cette procédure, l’entourage de l’ancien chef du gouvernement a rapidement réagi. Contactés par BFMTV, ses proches ont assuré que Dominique de Villepin restait pleinement disponible pour répondre aux questions de la justice.
Selon eux, le Parquet national financier pourra “faire toute la lumière” sur cette affaire, l’ancien Premier ministre se tenant « sereinement » à disposition des enquêteurs. Cette ligne de défense vise à montrer que l’ancien ministre ne chercherait pas à se soustraire aux investigations ouvertes par le parquet.
Dominique de Villepin, régulièrement cité parmi les personnalités susceptibles de jouer un rôle dans la prochaine élection présidentielle, se retrouve ainsi confronté à une polémique judiciaire particulièrement médiatisée. L’affaire intervient dans un contexte politique déjà marqué par plusieurs dossiers visant d’anciens responsables de premier plan.
Les révélations de Robert Bourgi relancent l’affaire

Cette enquête fait suite aux déclarations de Robert Bourgi, figure connue des réseaux de la Françafrique et lobbyiste influent pendant plusieurs décennies. Lors d’un numéro de l’émission Complément d’Enquête, diffusé le 30 avril sur France 2, Robert Bourgi a affirmé avoir servi d’intermédiaire dans l’acquisition de deux statuettes destinées à Dominique de Villepin.
D’après ses déclarations, ces objets auraient été financés par l’ancien président burkinabè Blaise Compaoré ainsi que par l’homme d’affaires italien Gian Angelo Perrucci. Robert Bourgi a évoqué des montants de 75.000 euros pour l’une des œuvres et de 50.000 euros pour la seconde, soit une valeur totale estimée à 125.000 euros.
L’entourage de Dominique de Villepin conteste toutefois cette estimation, affirmant que la valeur réelle des statuettes serait “quatre à cinq fois inférieure” aux chiffres avancés publiquement. Cette divergence sur l’évaluation des objets constitue l’un des points susceptibles d’être examinés par les enquêteurs.
Les révélations de Robert Bourgi ont immédiatement ravivé les interrogations autour des pratiques de cadeaux diplomatiques et des relations entretenues à l’époque entre certaines personnalités politiques françaises et des dirigeants étrangers.
Dominique de Villepin reconnaît “une erreur” mais conteste toute contrepartie

Invité sur France Inter le 10 mai dernier, Dominique de Villepin a reconnu avoir commis une faute en acceptant ces présents. L’ancien Premier ministre a admis qu’il “n’aurait pas dû” accepter ces cadeaux, tout en rappelant qu’aucun cadre juridique précis n’encadrait alors ce type de situation.
Il a également indiqué avoir récemment restitué les statuettes concernées. Toutefois, Dominique de Villepin rejette catégoriquement toute idée de contrepartie ou d’avantage accordé en échange de ces objets. Il insiste sur le fait qu’aucune relation d’influence particulière n’aurait découlé de cette affaire.
Pour appuyer sa défense, il a rappelé que Robert Bourgi avait été progressivement écarté des cercles de pouvoir à partir de 2004 et 2005, sous l’impulsion de Jacques Chirac et de lui-même. Selon Dominique de Villepin, cela démontrerait l’absence de lien durable ou d’influence entretenue avec le lobbyiste.









