En psychologie sociale, la notion de gestion de l’impression désigne notamment les stratégies employées pour influencer la manière dont une personne est perçue par son entourage. Certaines attitudes généreuses ou empathiques peuvent ainsi participer à la construction d’une image sociale valorisante, sans nécessairement refléter la même disposition dans toutes les circonstances.
La psychologue clinicienne Ramani Durvasula a notamment évoqué une forme d’« empathie de façade ». Une personne peut parfaitement connaître les paroles et les réactions socialement attendues face à quelqu’un qui traverse une difficulté, tout en restant émotionnellement peu concernée par ce que vit réellement son interlocuteur.
La cohérence constitue alors un élément important à observer. Une personne véritablement bienveillante aura généralement tendance à traiter avec respect aussi bien ceux dont elle peut obtenir quelque chose que les autres. À l’inverse, une amabilité qui apparaît uniquement en présence de certaines personnes ou lorsqu’un avantage est possible peut interroger.
Il ne s’agit toutefois pas de tirer des conclusions à partir d’un comportement isolé. Chacun peut se montrer maladroit, impatient ou chercher ponctuellement à faire bonne impression. C’est surtout la répétition des mêmes mécanismes dans différentes situations qui permet d’identifier une dynamique relationnelle problématique.
Compliments piquants, culpabilisation : des comportements à observer
Plusieurs attitudes peuvent progressivement créer un décalage entre l’image très sympathique renvoyée par une personne et le ressenti de ceux qui la fréquentent. La gentillesse conditionnelle constitue l’un des premiers comportements à surveiller. L’individu peut se montrer particulièrement prévenant lorsqu’il est observé ou lorsqu’il espère obtenir quelque chose, avant de devenir beaucoup plus froid dans un autre contexte.
L’humour peut également servir à faire passer des remarques désobligeantes. Une critique concernant le physique, les capacités ou les choix d’une personne peut être formulée sous forme de plaisanterie. Lorsque l’interlocuteur manifeste son inconfort, l’auteur de la remarque peut immédiatement se réfugier derrière un « je plaisantais », donnant parfois à l’autre l’impression qu’il manque simplement d’humour.

