
Entre négociations feutrées, bras de fer politiques et calculs d’équilibres, Yaël Braun-Pivet tente une nouvelle fois de préserver l’image d’une institution stable. Chaque année, la redistribution des postes au bureau de l’Assemblée nationale ravive les crispations entre groupes parlementaires. Ce « bureau », véritable colonne vertébrale administrative de l’hémicycle, regroupe six vice-présidents, douze secrétaires et trois questeurs. En jeu : des fonctions prestigieuses, souvent dotées d’avantages non négligeables, et une influence discrète mais réelle sur le fonctionnement de l’institution.
Pour cette édition 2025, la présidente de l’Assemblée nationale, Yaël Braun-Pivet, veut renouer avec l’équilibre de 2022. À l’époque, malgré les polémiques, le Rassemblement national avait obtenu deux postes de vice-présidence, au nom d’une représentation proportionnelle à ses effectifs. Un précédent historique, possible grâce à un soutien tacite de la majorité présidentielle et de la droite.
Le RN de retour au bureau ?

Écarté du bureau en juillet 2024 suite à la dissolution surprise et à un basculement politique temporairement favorable à la gauche, le RN pourrait retrouver des postes stratégiques, selon les plans de Braun-Pivet. Une hypothèse que la gauche combat vigoureusement, invoquant la nécessité d’un « cordon sanitaire » contre l’extrême droite. Mais la présidente du Palais-Bourbon rejette catégoriquement cette posture, au nom du respect des équilibres parlementaires.
« Je suis la garante de l’institution, pas d’un agenda partisan », semble être son mot d’ordre. Pour elle, refuser au RN des postes auxquels il aurait droit selon la proportion des sièges serait une entorse grave à la démocratie représentative.
