La veille des élections européennes, le 8 juin 2024, Yaël Braun-Pivet participait au dîner d’État organisé à l’Élysée en l’honneur du président américain Joe Biden. C’est à cette occasion qu’Alexis Kohler, alors secrétaire général de l’Élysée, lui aurait demandé de revenir le lendemain à 19 heures afin d’assister à la soirée consacrée aux résultats du scrutin européen.
La présidente de l’Assemblée nationale explique avoir initialement interprété cette invitation comme un signe d’intégration dans les cercles politiques entourant le pouvoir exécutif. N’étant pas issue d’un parcours traditionnel au sein d’un parti politique, elle raconte avoir été heureuse d’être conviée à cette réunion et n’avoir donc pas envisagé de décliner l’invitation.
Emmanuel Macron annonce sa décision devant plusieurs responsables
Le 9 juin au soir, Yaël Braun-Pivet se rend donc à l’Élysée. Plusieurs personnalités politiques sont présentes, parmi lesquelles Gabriel Attal, alors Premier ministre, et Gérald Darmanin. Lorsque Emmanuel Macron rejoint la réunion, il annonce aux participants son intention de dissoudre l’Assemblée nationale.
La décision surprend immédiatement Yaël Braun-Pivet. Dans le podcast, elle explique avoir été particulièrement contrariée par la manière dont elle en avait été informée. En tant que présidente de l’Assemblée nationale, elle rappelle alors au chef de l’État que la Constitution prévoit sa consultation avant une dissolution.
Emmanuel Macron lui aurait répondu que la discussion en cours constituait précisément cette consultation. Une interprétation que Yaël Braun-Pivet n’a pas acceptée. Elle estime que l’annonce d’une décision déjà arrêtée ne correspondait pas à la consultation institutionnelle qu’elle attendait de la présidence de la République.
Yaël Braun-Pivet affirme avoir tenu tête au président
L’échange entre les deux responsables devient alors particulièrement ferme. Yaël Braun-Pivet raconte avoir contesté directement la manière de procéder du président et demandé qu’un véritable entretien puisse avoir lieu. Elle justifie cette insistance par son attachement au respect des institutions et aux règles encadrant le fonctionnement démocratique.


