Guillaume Meurice, ex-chroniqueur phare de France Inter, était invité avec Swann Périssé pour présenter leur ouvrage commun. Rapidement, le ton est donné : entre ironie et critique sociale, l’humoriste a proposé une lecture du rire comme une forme de résistance au réel.
L’humour comme arme ou comme oppression ?

Interrogé sur sa vision de l’humour, Guillaume Meurice a évoqué une prise de distance salutaire face à la brutalité du monde. Pour lui, plaisanter, c’est s’autoriser à détourner la peur avec élégance : « Le réel est terrifiant, mais on lui lance une petite croix de nez », a-t-il résumé avec poésie.
Yann Barthès a alors creusé : humour de gauche, humour de droite ? Une opposition que Meurice a abordée sous l’angle du pouvoir. Il a affirmé que l’humour peut être un outil de domination, comme lorsqu’un enfant subit les moqueries dans une cour d’école. En ce sens, certaines blagues ne seraient pas seulement inoffensives : elles porteraient la marque du pouvoir et de l’exclusion.
Mais l’humour peut aussi être un rempart. « Si le dominé retourne les rieurs en sa faveur, il inverse le rapport de force », a expliqué l’auteur, insistant sur l’aspect subversif et stratégique de la répartie comique.
L’humour « révolutionnaire » selon Swann Périssé

La discussion a ensuite pris un tour plus direct lorsqu’il a été question de l’existence même d’un humour de droite. Swann Périssé, sollicitée sur le sujet, a évoqué Gaspard Proust comme exemple souvent cité, tout en se montrant prudente sur cette étiquette.
Ce qui a fait réagir, c’est sa critique frontale de certains humoristes qui se revendiquent comme des rebelles de la liberté d’expression. Elle a dénoncé une posture selon elle problématique : « Ils pensent faire de l’humour révolutionnaire en disant qu’on ne peut plus rire de tout. Mais en quoi est-ce nouveau de faire des blagues sexistes ou racistes ? »
