Un désaccord frontal avec François Bayrou, qui relance les tensions au sein de l’exécutif et du camp de droite. Ce lundi 2 juin, à l’issue d’un long échange avec le Premier ministre François Bayrou, Bruno Retailleau a coupé court aux spéculations : il ne « portera pas » le projet de réforme électorale visant à instaurer un scrutin proportionnel aux législatives. Ministre de l’Intérieur et désormais figure centrale des Républicains, il s’oppose frontalement à une idée que le chef du gouvernement défend avec insistance depuis plusieurs semaines.
Retailleau met en garde contre une réforme qu’il juge dangereuse pour la stabilité politique : « L’éparpillement auquel la proportionnelle conduirait est profondément déstabilisant », a-t-il affirmé. À ses yeux, ce mode de scrutin engendrerait « l’impuissance publique » en rendant les décisions politiques ingouvernables.
Une fracture idéologique dans l’exécutif

Cette divergence marque un tournant dans les relations entre le ministre et le Premier ministre. Après plus d’une heure d’entretien, Retailleau a déclaré que « toutes les options sont ouvertes » quant à son avenir place Beauvau. Une phrase lourde de sens qui laisse planer la menace d’une démission, si la réforme venait à être imposée contre son gré.
Laurent Wauquiez, chef de file des députés LR, et Mathieu Darnaud, président du groupe LR au Sénat, étaient également présents. Leur soutien à Retailleau souligne une opposition large et ferme des Républicains à cette réforme électorale, qui bouleverserait les équilibres politiques actuels.
Un attachement revendiqué au scrutin majoritaire

