Pour Bruno Retailleau, la proportionnelle affaiblirait le lien entre le député et son territoire. Il défend un enracinement local des élus, socle du scrutin uninominal à deux tours en vigueur sous la Ve République, à l’exception notable de 1986.
« La droite est attachée à un lien de proximité entre l’élu et les citoyens, » a-t-il insisté. Selon lui, la proportionnelle renforcerait la fracture entre la France urbaine, plus représentée dans les partis émergents, et la France rurale, qui trouverait moins facilement ses relais politiques dans un système national.
Une réforme aux conséquences politiques lourdes
Derrière les principes affichés se cache aussi une crainte électorale bien réelle. Selon des simulations relayées par BFMTV, si la proportionnelle avait été appliquée aux législatives de 2024, Les Républicains n’auraient obtenu que 22 sièges, contre 67 aujourd’hui. Le Rassemblement National, à l’inverse, aurait vu son influence considérablement renforcée.
Cette perspective nourrit l’hostilité des cadres LR, qui redoutent une marginalisation parlementaire. D’ailleurs, la semaine dernière, le bureau politique du parti a publié un communiqué exprimant sa « ferme opposition » à tout changement du mode de scrutin.
Une réforme relancée par François Bayrou

François Bayrou, défenseur de longue date de la proportionnelle, a entamé depuis fin avril une série de consultations pour faire avancer ce dossier. Il plaide pour une proportionnelle intégrale par département, sur le modèle de 1986. Un projet de loi pourrait être examiné à l’automne.
