Plusieurs mois après un incendie dramatique survenu dans un établissement nocturne de Crans-Montana, des victimes entament un combat judiciaire d’ampleur.

Marqués physiquement et psychologiquement, des membres d’une même famille réclament des indemnisations considérables, mettant en cause à la fois les responsables du lieu et certaines autorités locales.
Quatre mois après l’incendie survenu dans le bar « Le Constellation » à Crans-Montana, une famille directement exposée au drame a décidé de saisir la justice afin d’obtenir réparation. Présents dans l’établissement lors de la nuit du 31 décembre, Fabienne et Gilles, accompagnés de leurs parents et de leur frère, réclament au total 56 millions de francs suisses, soit plus de 60 millions d’euros.
Cette démarche vise à engager la responsabilité des exploitants du bar, mais également celle de certains responsables politiques locaux et fonctionnaires. L’ampleur des sommes réclamées reflète la gravité des blessures subies ainsi que les conséquences durables sur leur quotidien.
Un incendie meurtrier et une fuite entravée
Selon les éléments rapportés, les deux victimes se trouvaient à proximité immédiate du point de départ de l’incendie, déclenché par des dispositifs pyrotechniques ayant enflammé un matériau acoustique présent au plafond. Très rapidement, la situation devient critique.

L’air se charge de chaleur extrême tandis que les flammes gagnent le plafond, rendant toute évacuation difficile. En tentant de fuir, Fabienne et Gilles se retrouvent confrontés à un mouvement de foule bloquant l’accès à une sortie. Fabienne décrit un moment de panique intense, évoquant une sensation d’être submergée par un « rouleau de feu ».
Dans ces conditions chaotiques, Gilles parvient néanmoins à extirper sa sœur de l’établissement. Tous deux présentent des brûlures importantes, notamment au niveau des cheveux pour Fabienne, et à la nuque, au dos et aux mains pour Gilles, qui perd connaissance peu après leur sortie.
Des blessures graves et des séquelles durables
Transportés à l’hôpital après avoir trouvé refuge dans un établissement voisin, les deux victimes ont dû faire face à des conséquences médicales lourdes. Fabienne, brûlée sur environ 10 % de son corps, a subi plusieurs interventions chirurgicales, tout en étant confrontée à des troubles psychologiques persistants.
Elle évoque notamment des souvenirs envahissants, des angoisses marquées et des difficultés à retrouver une vie sociale normale. De son côté, Gilles, dont les brûlures couvrent près de 30 % du corps, a été plongé dans un coma artificiel dès son admission à l’hôpital, son pronostic vital étant engagé.
Son parcours médical s’est poursuivi dans plusieurs établissements spécialisés, notamment à Zurich, Lucerne puis Lausanne, où il a subi des greffes de peau. Cette prise en charge s’est déroulée loin de ses proches, accentuant l’épreuve vécue.
Une plainte élargie à l’ensemble du cercle familial

Au-delà des deux victimes directes, l’ensemble de la famille participe à la procédure judiciaire. Les parents réclament chacun 2,5 millions de francs suisses, invoquant l’impact psychologique, les déplacements répétés et les pertes professionnelles engendrées par la situation.
Le frère des victimes sollicite également une indemnisation à hauteur d’un million de francs, en raison des répercussions sur sa vie personnelle et sur son parcours scolaire. Cette mobilisation collective souligne l’onde de choc provoquée par le drame au sein de la cellule familiale.
Des responsabilités multiples mises en cause
La plainte vise non seulement les gérants de l’établissement, identifiés comme Jacques et Jessica Moretti, mais également Nicolas Féraud, président de la commune de Crans-Montana, ainsi que plusieurs agents administratifs. Les plaignants estiment que des manquements ont pu contribuer à la gravité de la catastrophe.










