Les chutes de neige ont transformé ce milieu de semaine en véritable casse-tête pour des milliers d’usagers des transports en commun.

Bus immobilisés, lignes de RER à l’arrêt, trajets annulés : la paralysie a été massive. Pourtant, malgré l’ampleur des perturbations, aucune compensation financière ne sera accordée. Explications.
Mercredi noir pour les transports urbains à Paris, mais aussi à Lille et à Rennes. Sous l’effet de chutes de neige importantes, les réseaux de bus urbains et périurbains ont été totalement suspendus dans plusieurs agglomérations. En Île-de-France, la situation a également fortement perturbé le trafic des RER, avec notamment la ligne C temporairement interrompue pour des raisons de sécurité.
Trois jours consécutifs de perturbations
Les difficultés ne se sont pas limitées à une seule journée. Dès lundi, les premières chutes de neige avaient déjà entraîné de fortes perturbations, prolongées le lendemain puis aggravées mercredi. Pour les usagers contraints d’abandonner leurs déplacements ou de trouver des solutions alternatives, ce cumul de désagréments a nourri un sentiment légitime de préjudice.
Quand des remboursements sont parfois possibles

Il existe pourtant des précédents. Les régies de transport peuvent, dans certains cas, indemniser leurs abonnés lorsque la qualité de service est durablement dégradée. En 2023, des usagers franciliens avaient ainsi obtenu un remboursement partiel de leur Pass Navigo à la suite de grèves sur des lignes de RER et de Transilien. À Rennes, en 2024, les abonnés du réseau STAR avaient même été remboursés de 50 % de leur abonnement après l’arrêt prolongé de la ligne B du métro pour un incident technique majeur.
Les intempéries, un cas de force majeure
Mais la situation est tout autre lorsqu’il s’agit de conditions météorologiques exceptionnelles. Interrogée par RMC Conso, Île-de-France Mobilités a été catégorique : aucun dédommagement n’est prévu. Les chutes de neige sont considérées comme un cas de force majeure, excluant toute obligation de remboursement, même si les contraintes pour les voyageurs sont reconnues.
Aucune obligation légale de remboursement

Aucune loi n’impose aux réseaux de transports urbains d’indemniser leurs usagers en cas de mauvais temps. Lorsque bus ou RER ne circulent pas, c’est avant tout pour garantir la sécurité des passagers. Cette règle s’applique uniquement aux transports urbains : pour les trajets longue distance en train, autocar ou avion, la réglementation prévoit en revanche des droits à remboursement ou à assistance.
Des compensations possibles… mais à long terme
Pour les transports urbains, les compensations reposent sur des objectifs contractuels de qualité de service. En Île-de-France, ces contrats lient Île-de-France Mobilités à RATP. Mis en place en 2021, sous l’impulsion de Valérie Pécresse, ils prévoient des campagnes annuelles de dédommagement si une ligne affiche une ponctualité inférieure à 80 % pendant trois mois consécutifs.
Un remboursement différé et ciblé
C’est grâce à ce mécanisme que, au printemps 2025, certains abonnés Navigo ont été indemnisés. Ils ont pu obtenir jusqu’à un mois de forfait remboursé, soit 88,80 euros à l’époque. Les lignes concernées étaient celles ayant le plus souffert en 2024, notamment plusieurs branches du RER B, du RER C et le tramway T12.










