Figure familière du paysage audiovisuel français, Roselyne Bachelot a livré une analyse sans détour sur le fonctionnement de la commission d’enquête consacrée à l’audiovisuel public.

Invitée sur T18, l’ancienne ministre de la Culture a partagé son expérience d’audition et ses réserves sur l’orientation des travaux parlementaires. Ancienne ministre de la Culture, animatrice et chroniqueuse, toujours membre des « Grosses Têtes » sur RTL, Roselyne Bachelot connaît parfaitement les mécanismes du monde médiatique. Sa présence dans “Puremédias, l’hebdo” s’inscrivait donc dans une logique naturelle, tant son parcours l’autorise à décrypter les enjeux du secteur.
Invitée par Virginie Guilhaume aux côtés du journaliste Rémi Jacob, elle a d’abord été interrogée sur la commission d’enquête de l’Assemblée nationale portant sur la neutralité, le fonctionnement et le financement de l’audiovisuel public. Auditionnée début février en sa qualité d’ancienne ministre, elle est revenue sur cette expérience avec franchise.
Une audition vécue sans heurts personnels

Interrogée sur la tonalité des échanges, notamment face au député rapporteur Charles Alloncle, Roselyne Bachelot a répondu avec humour. Elle assure que les discussions ont été courtoises en ce qui la concerne, même si les divergences d’opinion étaient nettes. « C’est assez difficile d’être rugueux avec moi parce que la rugosité revient en retour », a-t-elle lancé, soulignant sa capacité à défendre ses positions avec conviction.
Cependant, elle s’est montrée plus critique concernant certaines séquences d’audition. Elle a notamment évoqué une question adressée à Rima Abdul Malak, jugée déplacée car reposant sur des suppositions personnelles. Roselyne Bachelot a indiqué être intervenue pour rappeler qu’« il n’est pas convenable de faire des procès d’intention ». Elle déplore une répétition de questions accompagnées de sous-entendus discutables, qu’elle estime peu propices à un débat constructif.
Une commission utile mais mal orientée

Malgré ses réserves, l’ancienne ministre tient à souligner qu’une commission d’enquête demeure un outil précieux du travail parlementaire. Forte de son expérience, tant comme auditionnée que comme membre de commissions, elle rappelle l’importance de ces dispositifs pour éclairer l’action publique. Selon elle, le principe même de la commission n’est pas à remettre en cause.
En revanche, elle considère que les travaux actuels manquent leur objectif principal. À ses yeux, le véritable enjeu réside dans les mutations profondes du paysage médiatique. « Le monde de la communication vit un changement des usages qui est cataclysmique », observe-t-elle, invitant à s’interroger sur ce que sera la télévision dans dix ans. Elle regrette que la commission se concentre sur des éléments qu’elle juge secondaires, au détriment d’une réflexion stratégique sur l’avenir de l’audiovisuel public.
Roselyne Bachelot défend avec constance le rôle de l’audiovisuel public dans l’équilibre démocratique. Elle rappelle qu’il constitue la première source de financement de la création française, jouant un rôle structurant dans la vitalité culturelle du pays. Remettre en cause ce modèle, estime-t-elle, reviendrait à fragiliser un pilier essentiel du paysage artistique et médiatique.










