Derrière un acronyme discret se cache un mécanisme qui structure une large part de nos droits sociaux.

Le plafond annuel de la Sécurité sociale évolue en 2026, et cette revalorisation, apparemment technique, entraîne une série d’ajustements concrets sur retraites, cotisations et prestations.
Le Plafond annuel de la Sécurité sociale (PASS) sert de référence à de nombreux calculs : cotisations vieillesse, plafonds de pensions, seuils d’exonération, indemnités journalières. Chaque revalorisation modifie mécaniquement ces repères, sans qu’il y ait nécessairement de changement législatif visible.
En 2026, sa hausse de 2 % semble modeste. Pourtant, elle redessine plusieurs limites importantes.
Retraite de base et validation des trimestres
La pension de retraite du régime général ne peut dépasser 50 % du PASS. Pour 2026, cela représente 24 030 € brut par an, soit 2 002,50 € par mois. Cette hausse rehausse le plafond… tout en confirmant une limite stricte pour les carrières aux revenus élevés.
Pour valider quatre trimestres de retraite en 2026, il faut désormais atteindre un salaire brut mensuel de 4 005 €. Ce seuil, lui aussi, suit l’évolution du PASS.
Cotisations Agirc-Arrco et impact sur le net

Côté complémentaire Agirc-Arrco, les cotisations sont réparties en tranches : jusqu’à 1 PASS (4 005 €), puis entre 1 et 4 PASS (jusqu’à 16 020 €). Les salariés proches de ces seuils peuvent voir leurs prélèvements évoluer, avec un effet direct sur le salaire net.
Même les jeunes actifs sont concernés : la gratification minimale de stage augmente mécaniquement, tout comme le coût du rachat de trimestres de retraite, qui passe à 481 € par trimestre.
Des plafonds qui encadrent aussi les prestations
Le PASS sert également de référence pour plafonner certaines prestations sociales. Les indemnités journalières de maternité, paternité ou adoption atteignent en 2026 un maximum de 104,02 € par jour après prélèvements sociaux. Ce plafond limite la compensation pour les revenus les plus élevés.
Les indemnités de rupture de contrat suivent la même logique : exonération d’impôt jusqu’à 6 PASS et de cotisations sociales jusqu’à 2 PASS pour un licenciement hors plan social.
Invalidité et effets paradoxaux
Les pensions d’invalidité sont calculées sur les salaires soumis à cotisations dans la limite du PASS des dix meilleures années. En 2026, ce plafond atteint 48 060 € par an. Paradoxalement, une hausse du PASS peut conduire à revoir à la baisse, voire supprimer, certaines pensions lorsque les revenus dépassent les nouveaux seuils.
Un changement discret mais structurant
Ce qui rend cette évolution peu visible, c’est son caractère technique. Aucun bouleversement de loi, aucune annonce spectaculaire. Pourtant, en ajustant les plafonds, le PASS modifie concrètement le contour des droits sociaux : retraite, cotisations, indemnités, exonérations.










