
Pour Paris Match, le chanteur s’est livré avec franchise sur les cicatrices invisibles d’une vie de saltimbanque. Michel Fugain n’a jamais renié ses origines. Il est né d’un acte de résistance, littéralement. Son père, militant communiste durant le régime de Vichy, fut emprisonné au Fort Barraux en Isère. C’est là, lors d’un droit de visite exceptionnel, que Michel a été conçu. « J’ai été élevé dans cette culture. On reste vigilant », explique-t-il avec fierté, précisant avoir choisi de vivre en Corse pour son esprit de résistance. Ces racines militantes ont forgé son regard sur le monde et influencé l’homme comme l’artiste.
Une ascension artistique loin des sentiers balisés

Dans les années 70, Fugain bouleverse la scène musicale française avec la création du « Big Bazar », un collectif musical festif et coloré. Pourtant, les débuts sont chaotiques, marqués par l’incertitude et le manque de ressources : « Je n’avais rien. Je vivais dans un moulin… et ça coûte des sous », se remémore-t-il. Redoutant de se retrouver à la rue avec ses enfants, il persévère. Ce n’est pas un plan de carrière mais la nécessité qui le pousse à continuer.
Des galas discrets aux feux de la rampe
Le destin finit par s’inviter sous la forme d’un certain Nicolas, qui lui propose de chanter lors de soirées privées. C’est ainsi que débute une période inattendue et florissante : les mariages juifs de Paris deviennent son nouveau terrain de jeu. « Tu en fais un, et ensuite on te recommande », raconte-t-il. Cette chaîne de bouche-à-oreille va redonner un souffle à sa carrière, loin du star-système, mais riche en humanité et en reconnaissance.
Une image dévalorisée, mais assumée

