
Dans l’imaginaire collectif, la mort survient souvent d’un seul coup, comme un interrupteur qu’on éteint. Mais dans les faits, elle se déroule plutôt comme un mécanisme complexe qui se désagrège organe par organe, cellule par cellule, dans un ordre déterminé par la physiologie.
« C’est comme un orchestre privé de chef : chaque instrumentiste continue un moment à jouer sa partition, mais la musique devient vite chaotique », illustre Valérie Mils, maître de conférence à l’Université Paul Sabatier. Autrement dit, le corps humain, privé de son moteur central — le cœur — entre dans une lente désynchronisation.
Tout commence par l’arrêt du cœur

La grande majorité des morts naturelles commencent par un arrêt cardio-respiratoire, première étape de ce qu’on appelle la mort clinique. Le cœur cesse de battre, le sang ne circule plus, les organes ne sont plus alimentés en oxygène. Cela déclenche une asphyxie cellulaire progressive. Les cellules, privées d’énergie, cessent leurs fonctions les unes après les autres.
Mais l’arrêt du cœur ne suffit plus, aujourd’hui, à déclarer un décès. Depuis 1968, la mort encéphalique — soit l’arrêt total et irréversible de l’activité cérébrale — est devenue le critère légal de décès. En effet, certaines fonctions, notamment réflexes ou végétatives, peuvent encore subsister quelques minutes après l’arrêt cardiaque.
