Depuis plusieurs mois, la bataille parisienne se dessine en coulisses avec une intensité grandissante.

Au centre du jeu, Rachida Dati, figure politique aguerrie, multiplie les initiatives pour s’imposer comme candidate crédible à la mairie de Paris. Mais derrière cette campagne énergique, une question institutionnelle s’impose désormais avec insistance.
Rachida Dati ne cache plus ses ambitions pour les municipales parisiennes de 2026. La ministre de la Culture a progressivement transformé chacune de ses apparitions publiques en séquence de campagne, occupant le terrain avec une constance remarquée. Prises de parole répétées, déplacements symboliques, gestes de proximité : tout semble pensé pour incarner une candidature de rassemblement dans une capitale marquée par les divisions politiques.
Son implication visible auprès des éboueurs parisiens avait d’ailleurs suscité de nombreux commentaires, tant cette démarche semblait dépasser le cadre strict de ses fonctions ministérielles. Dans le même temps, elle entend tirer parti de la fragmentation de la gauche pour se poser en alternative crédible face à un camp progressiste éclaté.
Mais à mesure que sa campagne prend de l’ampleur, une interrogation devient inévitable : peut-elle continuer à occuper son portefeuille ministériel tout en préparant activement la conquête de l’Hôtel de Ville ?
Un départ du gouvernement désormais inévitable

La question ne semble plus être de savoir si Rachida Dati quittera le gouvernement, mais quand. Son engagement total dans la course municipale rend de plus en plus incompatible le cumul de ses responsabilités nationales avec ses ambitions locales. Pourtant, aucune date officielle de départ n’a été annoncée, alimentant spéculations et impatience dans les cercles du pouvoir.
Invité sur le plateau de l’émission Télématin sur France 2, le journaliste Olivier Beaumont, chef adjoint du service politique du Le Parisien, s’est montré catégorique : selon lui, la démission interviendrait « dans les prochains jours ou les prochaines semaines », évoquant même un possible ajustement gouvernemental sous quinzaine.
Ces déclarations ont renforcé l’idée que le départ de la ministre ne relève plus que d’une question de calendrier. Pourtant, en coulisses, la situation semble plus tendue qu’il n’y paraît.
À l’Élysée et à Matignon, l’impatience grandit
Selon les révélations du Le Canard enchaîné, le départ de Rachida Dati ferait désormais consensus au sommet de l’État. Reste toutefois à savoir qui assumera la responsabilité de lui signifier officiellement qu’il est temps de quitter ses fonctions.
Le président Emmanuel Macron aurait choisi une posture prudente, rappelant que tout remaniement relève de la prérogative du Premier ministre. Une manière élégante de se tenir à distance d’une décision potentiellement délicate.
Du côté de Matignon, Sébastien Lecornu avancerait avec précaution. Toujours selon l’hebdomadaire satirique, il aurait suggéré à la ministre qu’un départ « après le vote du budget » serait opportun. Une suggestion qui n’aurait manifestement pas été accueillie avec enthousiasme. La réponse de Rachida Dati, rapportée par le journal, aurait été particulièrement directe, traduisant la tension du moment.

Une succession déjà à l’étude
Si le départ de Rachida Dati se confirme, la question de sa succession au ministère de la Culture se pose déjà avec acuité. Les noms commencent à circuler dans les couloirs du pouvoir, preuve que l’hypothèse d’un départ rapide est prise très au sérieux.
Parmi eux, celui de Catherine Pégard revient avec insistance. Actuelle conseillère culture à l’Élysée, ancienne présidente du château de Versailles et ex-conseillère de Nicolas Sarkozy, son profil institutionnel rassure mais ne suscite pas un enthousiasme débordant. Un conseiller de la présidence aurait même glissé, non sans ironie, qu’« on n’a qu’elle sous la main ».
Le nom d’Aurore Berger circule également. Mais là encore, l’idée ne semble pas faire l’unanimité, signe que le choix du successeur pourrait s’avérer plus complexe que prévu.
À mesure que la campagne municipale s’intensifie, la pression politique autour de Rachida Dati ne cesse de croître. Son maintien au gouvernement apparaît de plus en plus comme une anomalie politique, difficilement tenable à long terme. Entre impératifs institutionnels, stratégies personnelles et jeux d’influence au sommet de l’État, la séquence qui s’ouvre pourrait bien être décisive.










