Face à l’érosion continue de la fertilité et à des indicateurs périnatals préoccupants, le gouvernement dévoile un plan structuré pour mieux informer, prévenir et accompagner.

Seize mesures s’articulent autour d’un même fil conducteur : permettre des choix éclairés, renforcer l’offre de soins et stimuler la recherche, sans injonction mais avec des outils concrets.
Le ministère de la Santé lance un programme ambitieux pour enrayer la baisse de la fécondité et améliorer la santé maternelle et néonatale. L’objectif affiché est clair : prévenir, diagnostiquer, traiter et innover, afin que chacun puisse décider de son parcours de vie en connaissance de cause.
Dans la continuité des appels au « réarmement démographique » formulés début 2024 par Emmanuel Macron, la ministre Stéphanie Rist insiste sur une approche non prescriptive : ouvrir des possibles plutôt que dicter des conduites. Le constat est connu : un couple sur huit rencontre des difficultés à concevoir, pour des raisons médicales, environnementales, comportementales ou sociétales.
Un comité de pilotage et des experts mobilisés
La mise en œuvre du plan s’appuie sur un premier comité de pilotage réunissant les auteurs du rapport sur les causes d’infertilité remis au gouvernement en 2022 : le Pr Samir Hamamah, président de la Fédération française d’étude de la reproduction, et Salomé Berlioux.
Leur mission : transformer les constats scientifiques en actions opérationnelles, avec un suivi structuré des mesures annoncées.

Informer à 29 ans pour éviter le « si j’avais su »
Parmi les décisions phares, un message d’information sera adressé à toutes les personnes de 29 ans. Cet âge correspond à l’ouverture de l’autoconservation des gamètes hors motif médical. L’enjeu est d’éviter les regrets liés à une méconnaissance des réalités biologiques, tout en rappelant que ce choix concerne autant les hommes que les femmes.
Ce message abordera contraception, santé sexuelle, aide médicale à la procréation et autoconservation, sans présenter cette dernière comme une solution miracle.
Développer l’autoconservation et réduire les délais
Aujourd’hui, une quarantaine de centres proposent l’autoconservation. Le ministère veut porter ce nombre à 70 d’ici 2028. L’allongement des délais d’attente constitue un frein majeur, dans un contexte où l’âge de la première grossesse recule.
Une réflexion est également lancée sur l’ouverture au secteur privé lucratif pour cette activité, sans remettre en cause la gratuité du don. L’Agence nationale d’appui à la performance est missionnée pour proposer une meilleure organisation du réseau existant.
Priorité au diagnostic et à la recherche

Le plan met l’accent sur le diagnostic précoce de l’infertilité et sur des pathologies connues comme l’endométriose et le syndrome des ovaires polykystiques. Les expositions environnementales, notamment aux perturbateurs endocriniens, feront aussi l’objet d’un effort de recherche accru.
La fertilité devient ainsi une priorité thématique dans les appels à projets du programme d’équipement prioritaire pour la santé des femmes.
Une alerte sur la mortalité maternelle et néonatale
En parallèle, le ministère ouvre un chantier sur la santé périnatale. La France affiche des taux de mortalité maternelle et infantile supérieurs à ceux de plusieurs voisins européens, avec une légère hausse de la mortalité néonatale depuis 2011.
Un registre national des naissances, pleinement opérationnel en 2027, doit permettre une analyse fine de la situation, complétée par la généralisation des revues de morbimortalité dans toutes les régions dès 2026.
Trois personnalités sont chargées de conduire ces travaux : le Pr Loïc Sentilhes, chirurgien-obstétricien, le Pr Elsa Kermorvant, néonatologiste, et Éliette Bruneau, sage-femme.










