Un décret discret mais significatif pourrait modifier l’équilibre des pensions pour des milliers de Français engagés dans les secours.

Depuis janvier 2026, un nouveau dispositif permet aux sapeurs-pompiers volontaires de valider jusqu’à trois trimestres supplémentaires pour leur retraite. Une reconnaissance concrète d’un engagement souvent exercé en parallèle d’une activité professionnelle.
Le 20 janvier 2026, un décret est venu apporter une évolution importante dans le calcul des pensions pour les sapeurs-pompiers volontaires. Ce texte permet désormais de valider jusqu’à trois trimestres supplémentaires dans le calcul de la retraite, un avantage loin d’être négligeable lorsque chaque trimestre peut faire la différence pour obtenir le taux plein.
Cette mesure vise directement les femmes et les hommes qui consacrent une partie de leur temps à intervenir lors d’incendies, d’accidents ou de catastrophes, souvent en parallèle de leur activité professionnelle principale. Leur engagement, essentiel pour la sécurité civile, bénéficie ainsi d’une reconnaissance concrète dans le système de retraite.
Un barème précis selon la durée d’engagement

Le décret instaure un barème simple basé sur le nombre d’années de service. Dix ans d’engagement donnent droit à un trimestre supplémentaire, vingt ans à deux trimestres, et vingt-cinq ans à trois trimestres. Ce plafond de trois trimestres constitue la limite maximale pouvant être intégrée dans le calcul de la pension.
Autre élément important : les périodes d’engagement n’ont pas besoin d’être continues. Un pompier volontaire ayant interrompu son activité pour des raisons personnelles ou professionnelles pourra faire valoir l’ensemble de ses années de service, même si elles sont réparties sur plusieurs périodes distinctes.
Pour bénéficier de cette validation, l’ancien volontaire devra toutefois fournir un état de service délivré par le dernier service départemental d’incendie et de secours auprès duquel il a exercé. Selon le Ministère de l’Intérieur, les sapeurs-pompiers volontaires représentent près de 80 % des effectifs en France, un rôle particulièrement crucial dans les territoires ruraux.
Une mesure applicable à tous les régimes de retraite
Le dispositif ne se limite pas à un régime spécifique. Le décret prévoit que les trimestres supplémentaires soient pris en compte quel que soit le régime de retraite de l’assuré. Cette harmonisation évite que les années de volontariat soient perdues dans la complexité administrative du système français.
Ainsi, que l’activité principale relève du régime général, du secteur agricole ou d’un régime particulier comme celui des marins ou des transports, les années de service comme pompier volontaire pourront être intégrées dans le calcul de la pension.

Pour de nombreux volontaires, cette évolution répond à une attente ancienne. Entre leur métier, leur vie familiale et les interventions d’urgence, ces citoyens engagés consacrent souvent une part importante de leur temps au service de la collectivité.
Une évolution également pour les pompiers professionnels
Le décret introduit également un changement pour les sapeurs-pompiers professionnels. Jusqu’à présent, la prime de feu — versée pour compenser les risques inhérents aux interventions — était soumise à une cotisation retraite plus élevée que celle appliquée aux autres rémunérations.
Cette surcotisation est désormais supprimée, ce qui devrait se traduire par une légère augmentation du salaire net pour les pompiers professionnels, avec un taux de retenue désormais aligné sur celui du régime classique.
Un point reste toutefois essentiel : la validation des trimestres supplémentaires pour les volontaires n’entrera en vigueur qu’à partir du 1ᵉʳ juillet 2026. Les départs à la retraite intervenant avant cette date ne pourront donc pas bénéficier de cette mesure.










