
Mais derrière cette explication simpliste se cache une réalité bien plus complexe, mêlant inflation, mutations alimentaires et tensions structurelles du marché. La raréfaction des œufs dans les grandes surfaces n’a rien d’anecdotique. Pour de nombreux foyers, cet aliment de base est devenu difficile à trouver, provoquant incompréhension et crispations. Au printemps 2025, en pleine période de Ramadan, certains commentaires sur les réseaux sociaux ont rapidement établi un lien direct entre cette fête religieuse et la pénurie constatée. Une lecture qui a trouvé un écho jusque sur les plateaux de télévision.
Le Ramadan pointé du doigt
Sur BFMTV, des intervenants ont évoqué le contexte festif comme un facteur explicatif parmi d’autres. La consommation d’œufs augmente effectivement durant certaines périodes, notamment lors des fêtes ou des traditions culinaires spécifiques. Le Ramadan a ainsi été présenté comme un moment où la demande grimpe sensiblement, sans pour autant être désigné officiellement comme la cause unique du phénomène.
Une explication jugée partielle par la filière

Rapidement, les professionnels du secteur ont tenu à nuancer cette interprétation. Loïc Coulombelle, vice-président de l’interprofession de l’œuf, a rappelé qu’il ne s’agissait pas d’une pénurie au sens strict, mais plutôt de tensions ponctuelles sur le marché. Auprès du quotidien Le Parisien, il a souligné que le mois de mars correspond historiquement à l’un des pics annuels d’achats, indépendamment de toute considération religieuse.
Une demande tirée par l’industrie et les ménages
Au-delà de la consommation domestique, la pression exercée par l’industrie agroalimentaire joue un rôle central. Fabrication de pâtisseries, préparation des glaces pour la saison estivale : autant d’activités gourmandes en œufs. Le Ramadan peut amplifier marginalement cette dynamique, reconnaît Loïc Coulombelle, mais son impact reste limité face à d’autres facteurs bien plus structurants.
