Au sein de la chaîne d’information, la séquence a fait l’effet d’un électrochoc.

Des prises de position publiques, des messages postés sur les réseaux sociaux, des déclarations croisées dans la presse : l’affaire Morandini a exposé au grand jour des lignes de fracture inattendues parmi des figures phares de l’antenne.
L’onde de choc provoquée par le maintien de Jean-Marc Morandini à l’antenne de CNews, malgré sa condamnation définitive pour corruption de mineurs, a suscité des réactions en chaîne au sein même de la rédaction. La première à s’exprimer clairement fut Sonia Mabrouk, qui a pris ses distances de manière publique, ouvrant la voie à d’autres voix dissonantes.
Dans la foulée, Pascal Praud a tenu à afficher son soutien. Sur le réseau social X, l’animateur de 61 ans a souligné qu’il partageait les mots de sa consœur et rappelé son engagement constant contre les violences sexuelles et les comportements sexistes. Son message, rédigé sans détour, a résonné comme une désolidarisation claire vis-à-vis de son collègue, tout en réaffirmant son attachement à la liberté d’expression revendiquée par la chaîne.
Une solidarité nuancée mais assumée

Dans le même temps, Laurence Ferrari, autre visage emblématique de la chaîne, s’est exprimée dans les colonnes du Le Parisien. Elle y a condamné fermement les faits pour lesquels la justice a sanctionné Jean-Marc Morandini, tout en précisant que sa loyauté professionnelle envers CNews demeurait intacte.
Cette double posture — condamnation morale et fidélité professionnelle — illustre la complexité du moment traversé par la rédaction, prise entre convictions personnelles, solidarité d’équipe et ligne éditoriale.
Philippe de Villiers s’invite dans la séquence
La tempête médiatique a également gagné Philippe de Villiers, figure familière de l’antenne et collaborateur du Journal du Dimanche, autre média de la galaxie Bolloré. Lui aussi a marqué sa distance, ajoutant une voix supplémentaire à cette série de prises de position internes.
Ce qui se joue dépasse désormais le cas individuel pour devenir une véritable crise d’image, révélant des tensions rarement exposées avec autant de clarté au sein du groupe.
Une séquence passée qui refait surface

Dans ce contexte tendu, une ancienne séquence télévisée a refait surface, rappelant que l’ambiance sur le plateau pouvait autrefois être bien différente. Le 18 mai 2021, dans l’émission L’Heure des pros, Pascal Praud recevait l’humoriste Laurent Gerra, venu multiplier les imitations, dont celle de Philippe de Villiers.
Ce moment, à l’époque perçu comme léger et divertissant, contraste aujourd’hui avec la gravité du climat actuel. La rediffusion de cet extrait a mis en lumière l’évolution du ton et des rapports au sein de l’antenne, passée d’une complicité assumée à une période de crispation manifeste.
L’humour, terrain sensible pour Philippe de Villiers
Lors de cette émission, Philippe de Villiers s’était exprimé sur sa relation à l’humour et à l’auto-dérision. Évoquant ses caricatures par Les Guignols de l’info, diffusé sur Canal+, il avait estimé que certaines parodies relevaient davantage d’un militantisme idéologique que de la satire.
Son propos, grave et appuyé, avait alors installé un léger malaise sur le plateau, au point que Pascal Praud, sur le ton de l’humour, avait tenté de désamorcer la tension en feignant la fuite face à l’intensité du discours.
Une chaîne confrontée à ses propres contradictions
Aujourd’hui, cette séquence ancienne résonne différemment. Elle rappelle combien l’équilibre entre liberté de ton, humour, convictions personnelles et ligne éditoriale peut devenir fragile lorsque l’actualité impose des choix délicats.










