À Paris, la course municipale s’anime déjà autour de figures inattendues. Une enquête d’opinion récente place Sarah Knafo parmi les candidates capables de franchir le seuil du second tour.

Une hypothèse qui bouscule les équilibres politiques et relance les spéculations sur la recomposition à droite. Selon une étude réalisée par Cluster 17 pour Politico, relayée par plusieurs médias nationaux, Sarah Knafo pourrait dépasser la barre des 10 % des intentions de vote à Paris. Ce score la placerait parmi les candidats en mesure de se qualifier pour le second tour des municipales, dans une capitale où la fragmentation politique rend les équilibres particulièrement mouvants.
À ce stade, il ne s’agit que d’une photographie de l’opinion, mais elle suffit à installer la jeune eurodéputée dans le paysage de la campagne parisienne.
Une stratégie de normalisation de l’image
Proche d’Éric Zemmour, dont elle a été une conseillère influente durant la présidentielle de 2022, Sarah Knafo semble depuis plusieurs mois travailler à élargir son image. Certains observateurs estiment qu’elle chercherait à lisser les contours les plus clivants du discours de Reconquête pour séduire un électorat urbain plus large.
Cette stratégie de repositionnement vise à rendre sa candidature audible dans une ville traditionnellement peu favorable à l’extrême droite.

Des relations complexes avec le Rassemblement national
Les rapports entre Reconquête et le Rassemblement national ont été marqués par de fortes tensions, notamment lors des législatives anticipées de 2024. Les tentatives d’union entre les droites ont échoué, alimentant des déclarations publiques contradictoires entre Marion Maréchal et Éric Zemmour.
Ce contexte éclaire la tentative de Sarah Knafo, en juin 2024, de renouer le dialogue avec Jordan Bardella sur le plateau de Touche pas à mon poste animé par Cyril Hanouna. Elle y avait lancé un appel public à l’union avant la clôture des candidatures.
Un discours personnel pour créer des ponts

Dans cette séquence médiatique, Sarah Knafo avait mis en avant un récit personnel partagé avec Jordan Bardella, évoquant leurs origines communes et leur parcours. Une manière de déplacer le débat du terrain partisan vers une proximité humaine, dans l’espoir de favoriser un rapprochement politique.
Cette tentative n’a pas abouti, mais elle illustre sa volonté de jouer un rôle d’interface entre différentes sensibilités de la droite.
À Paris, la succession d’Anne Hidalgo s’annonce particulièrement ouverte. La multiplicité des candidatures et l’éparpillement des forces politiques rendent le seuil des 10 % stratégique pour accéder au second tour.










