Invitée sur le plateau de CNews ce lundi 4 mai 2026, l’eurodéputée Sarah Knafo a livré une prise de position ferme à propos de l’avenir de l’audiovisuel public.

Réagissant à un rapport récemment publié, elle a plaidé pour une transformation radicale du secteur, remettant en cause son existence même. Interrogée par Laurence Ferrari dans le cadre de La Grande Interview sur CNews, Sarah Knafo a exprimé une vision sans ambiguïté.
S’appuyant sur le rapport de Charles Alloncle consacré au secteur, elle a affirmé que l’audiovisuel public ne devrait plus exister sous sa forme actuelle. Selon elle, il ne s’agit pas simplement d’améliorer sa gestion, mais bien de procéder à sa disparition via une privatisation complète. Cette position, exprimée d’emblée, traduit une volonté de rupture avec le modèle actuel.
Une privatisation présentée comme une continuité, non une disparition

Dans son argumentaire, Sarah Knafo a insisté sur le fait que la disparition du service public audiovisuel ne signifierait pas la fin des chaînes existantes. Elle a pris pour exemple TF1, autrefois publique, devenue un groupe privé après sa privatisation. Selon elle, cette transition a permis à la chaîne de gagner en succès tout en générant des revenus pour l’État. Dans cette logique, des chaînes comme France 2 continueraient d’exister, mais sous une gestion privée, ce qui constituerait, selon elle, une évolution naturelle du paysage audiovisuel.
Un modèle jugé dépassé face aux évolutions technologiques

Face aux arguments en faveur de la préservation du service public pour des raisons culturelles ou patrimoniales, l’eurodéputée a opposé une lecture économique et technologique. Elle a estimé que le contexte ayant justifié la création de l’audiovisuel public n’est plus d’actualité. À une époque où seuls les États disposaient des moyens nécessaires pour lancer des chaînes, ce modèle avait, selon elle, une légitimité. Désormais, avec les outils numériques accessibles, la création de contenus audiovisuels est largement démocratisée, rendant obsolète l’investissement public massif dans ce domaine.
Une critique des priorités budgétaires de l’État
Au-delà de la question structurelle, Sarah Knafo a élargi son propos à la gestion des finances publiques. Elle a évoqué des situations dans lesquelles certains agents de l’État, notamment dans les forces de sécurité, doivent faire face à des conditions matérielles difficiles, pour illustrer ce qu’elle considère comme un déséquilibre dans les priorités budgétaires. Dans ce contexte, elle a affirmé que le financement d’émissions comme Taratata ou Fort Boyard ne relève pas, selon elle, des missions essentielles de l’État. Cette prise de position s’inscrit dans une critique plus large de l’allocation des ressources publiques.










