À l’approche des municipales parisiennes, la droite se retrouve face à une équation délicate.

Entre ambitions personnelles, lignes rouges idéologiques et percée inattendue d’une nouvelle candidate, l’équilibre stratégique autour de Rachida Dati se complique nettement.
Rachida Dati, maire du VIIᵉ arrondissement et ancienne ministre, porte l’étendard des Les Républicains pour ces municipales, malgré sa suspension du parti liée à sa participation au gouvernement. Figure connue du paysage parisien, elle mise sur son expérience et sa notoriété.
Mais le contexte politique rend sa position plus instable qu’il n’y paraît, avec une droite divisée et une gauche unie autour d’Emmanuel Grégoire.
L’irruption de Sarah Knafo dans l’équation

La dynamique récente de Sarah Knafo, candidate de Reconquête, change la donne. Créditée de 10 % d’intentions de vote dans un sondage Cluster 17 pour Politico, elle atteint le seuil qui lui permettrait de se maintenir au second tour.
Cette percée recompose le rapport de force à droite et ravive la question d’une éventuelle alliance, que Rachida Dati refuse catégoriquement.
Une ligne rouge assumée par Dati
Rachida Dati a clairement exclu tout accord avec Sarah Knafo, invoquant des divergences de valeurs. Cette position vise à préserver un électorat centriste, tout en évitant une image de rapprochement avec une ligne plus radicale.
L’enjeu est double : ne pas perdre le centre et éviter l’éparpillement des voix, scénario qui a déjà coûté cher à la droite parisienne par le passé.
Une droite éclatée entre plusieurs pôles

À cette équation s’ajoute la présence de Pierre-Yves Bournazel, soutenu par Horizons et indirectement par la majorité présidentielle. Crédité de 14 %, il contribue à fragmenter davantage le vote à droite.
Rachida Dati n’a pas hésité à critiquer cette stratégie, visant aussi Édouard Philippe, qu’elle accuse de favoriser sa défaite.
Le spectre du précédent de 2001
Dans les échanges, revient souvent le souvenir de 2001, lorsque la division de la droite avait ouvert la voie à Bertrand Delanoë, puis à Anne Hidalgo. Rachida Dati rappelle ce précédent pour souligner les risques actuels. La crainte d’un scénario similaire pèse lourdement dans les calculs stratégiques.
Pour plusieurs cadres de droite, l’enjeu dépasse Paris. La manière dont ces divisions seront gérées pourrait avoir des répercussions sur les échéances nationales à venir, notamment la présidentielle.










