Partis pour plusieurs mois à travers l’Amérique du Sud afin d’assouvir leur passion pour l’ornithologie, deux retraités néerlandais ont perdu la vie à quelques jours d’intervalle après avoir contracté l’hantavirus.

Leur parcours, marqué par l’observation d’une espèce rare d’oiseau, a pris une tournure dramatique lors d’une croisière en Antarctique. Leo et Mirjam Schilperoord, un couple de retraités originaire de Haulerwijk, un village néerlandais d’environ 3.000 habitants, avaient entrepris un long périple en Amérique du Sud à la fin de l’année 2025. Arrivés en Argentine le 27 novembre, ils prévoyaient de parcourir plusieurs pays du continent pendant cinq mois. Leur itinéraire les avait notamment conduits au Chili et en Uruguay avant un retour en Argentine.
Tous deux passionnés d’ornithologie, Leo et Mirjam consacraient une grande partie de leur temps à l’observation des oiseaux. Le couple était connu dans les milieux spécialisés pour avoir rédigé plusieurs articles publiés dans des revues néerlandaises dédiées à cette discipline. Leur voyage avait ainsi été pensé autour de différents sites réputés pour la richesse de leur faune aviaire.
Selon les informations relayées par la presse américaine, notamment le New York Post, les deux voyageurs s’étaient rendus lors de leur second passage en Argentine dans une décharge située à proximité d’Ushuaia. L’endroit attirait des passionnés venus du monde entier en raison de la présence du Caracara à gorge blanche, une espèce rare observable uniquement au Chili et en Argentine.

Une zone fréquentée par les rongeurs
Le site où le couple s’était rendu était pourtant connu localement pour être évité par les habitants. Les amas de déchets présents sur place attireraient de nombreux rongeurs, principaux vecteurs du hantavirus. Cette maladie virale se transmet essentiellement par contact avec les excréments, l’urine ou la salive d’animaux infectés.
Malgré cette réputation, la décharge demeurait particulièrement prisée des observateurs d’oiseaux, les volatiles venant régulièrement s’y nourrir. C’est dans ce contexte que Leo et Mirjam Schilperoord auraient potentiellement été exposés au virus.
Peu après cette visite, le couple a embarqué le 1er avril à bord du MV Hondius, un navire de croisière parti d’Ushuaia. L’expédition devait permettre aux passagers de poursuivre leur découverte des paysages australs et de la faune locale.

Les premiers symptômes apparaissent en pleine croisière
Le 6 avril, Leo Schilperoord commence à présenter plusieurs symptômes inquiétants. Le septuagénaire souffrait alors de fièvre, de violents maux de tête ainsi que de troubles digestifs légers, notamment une diarrhée. Son état de santé s’est rapidement dégradé au cours des jours suivants.
Le 11 avril, l’homme de 70 ans est décédé à bord du navire de croisière. À ce moment-là, l’origine exacte de son infection n’avait pas encore été officiellement confirmée. Sa disparition a profondément marqué les passagers et l’équipage du MV Hondius.
Le 24 avril, la dépouille de Leo Schilperoord a finalement été débarquée sur l’île de Sainte-Hélène, territoire britannique situé dans l’Atlantique Sud. Mirjam Schilperoord, qui présentait à son tour des symptômes similaires, avait alors quitté le navire.

Mirjam Schilperoord succombe à son tour
Le lendemain, la sexagénaire a embarqué sur un vol à destination de Johannesburg, en Afrique du Sud. Son état de santé s’est toutefois rapidement aggravé, au point qu’elle n’a pas été autorisée à poursuivre son voyage vers les Pays-Bas après une tentative d’embarquement sur un autre vol.
Mirjam Schilperoord est décédée le 26 avril, soit quinze jours après son mari. Quelques jours plus tard, le 4 mai, les autorités sanitaires ont confirmé qu’elle avait bien contracté l’hantavirus.










