Clap de fin pour une adresse emblématique de la capitale. En janvier 2025, la Fnac des Champs-Élysées a définitivement fermé ses portes, mettant un terme à près de trois décennies d’activité.

Une décision économique lourde de conséquences, qui s’inscrit dans un contexte plus large de recomposition du commerce culturel et électronique. Installée depuis 1997 au 74 avenue des Champs-Élysées, la Fnac faisait partie du paysage de la plus célèbre artère parisienne. En janvier 2025, l’enseigne a définitivement baissé le rideau, après plusieurs années marquées par des pertes financières importantes. La direction évoquait une situation devenue intenable, qualifiant la décision d’« économiquement raisonnable et responsable ».
Avant la fermeture officielle, une grande braderie a été organisée du 3 au 12 janvier afin d’écouler les stocks restants. L’opération, largement relayée, a suscité un afflux massif de clients venus profiter des remises.
Une liquidation qui attire les foules
Dès le premier jour de la liquidation, la mobilisation a été spectaculaire. Près de 3 000 personnes se seraient déplacées pour profiter des promotions, selon les chiffres avancés par la presse régionale. Curieux, habitués et chasseurs de bonnes affaires ont afflué dans les rayons, donnant à ces derniers jours un air de ruée commerciale.

Sur son site officiel, la marque avait invité ses clients à partager ces « derniers moments », transformant la fermeture en événement. Cette affluence témoigne de l’attachement du public à une enseigne qui, au fil des ans, était devenue un repère pour les amateurs de livres, de musique et de produits technologiques.
Un modèle fragilisé par l’évolution du quartier
Si la Fnac des Champs-Élysées a longtemps bénéficié de l’attractivité du quartier, l’évolution progressive de l’avenue vers le commerce de luxe et la clientèle internationale a profondément modifié son environnement économique. À cela s’est ajoutée une augmentation généralisée des charges fixes, rendant l’exploitation du site de plus en plus coûteuse.
Dans ce contexte, la baisse des ventes a accentué les difficultés. Le modèle traditionnel de grande surface culturelle en centre-ville a dû faire face à la concurrence du commerce en ligne et aux nouvelles habitudes de consommation. La fermeture du magasin parisien symbolise ainsi une mutation plus large du secteur.
La direction du groupe Fnac Darty a toutefois assuré que l’ensemble des salariés concernés s’était vu proposer des solutions de reclassement, à Paris, en Île-de-France ou ailleurs, selon les souhaits de chacun.
D’autres fermetures annoncées outre-mer

La restructuration ne se limite pas à la capitale. Plusieurs magasins déficitaires situés à La Réunion devraient également cesser leur activité entre avril et juillet, notamment à Saint-Marie, au Port et à Saint-Pierre. Implantées depuis une dizaine d’années dans des zones commerciales, ces boutiques ne présenteraient plus de perspectives d’amélioration.
Selon les informations communiquées, une reprise par Darty serait envisagée, tandis que les salariés devraient bénéficier de propositions de reclassement au sein du groupe. Là encore, la décision suscite une vive déception parmi les clients fidèles.
Une page qui se tourne pour les habitués
Pour de nombreux consommateurs, la disparition de ces points de vente a une dimension affective. Certains évoquent un lieu de vie où se croisaient générations et profils variés, des enfants venus choisir un livre aux seniors en quête d’un conseil technologique. Les réactions recueillies traduisent un sentiment partagé : celui de voir disparaître un espace culturel accessible et familier.










