Longtemps, elle n’a rien dit. Derrière l’image de la femme politique déterminée, une histoire intime est restée enfouie.

Aujourd’hui, Rachida Dati revient sur un épisode qui a profondément marqué sa jeunesse et façonné, en silence, son rapport à la liberté. Avant d’occuper les plus hautes fonctions de l’État, Rachida Dati s’est construite dans l’effort et la discrétion. Née en Saône-et-Loire au sein d’une famille nombreuse, d’un père marocain et d’une mère algérienne, elle grandit dans un environnement où le travail et la solidarité familiale sont des piliers essentiels.
Très jeune, elle multiplie les petits emplois pour aider les siens. Employée dans une clinique, elle gravit progressivement les échelons avant de quitter sa région natale pour Paris, où elle poursuit ses études tout en continuant à travailler. Cette détermination lui permet d’améliorer concrètement le quotidien familial, jusqu’à offrir une maison à ses parents pour les éloigner de la cité. Un parcours d’ascension sociale qu’elle revendique comme une fierté.

Un mariage sous la pression
C’est dans ce contexte qu’intervient un épisode longtemps resté sous silence. En 1992, alors qu’elle entretient une relation qu’elle ne peut assumer publiquement, la pression familiale s’intensifie. Pour répondre à ce qu’elle décrit comme une « question d’honneur », elle accepte une demande en mariage.
Elle impose néanmoins une condition : la cérémonie aura lieu en France, et non au Maroc ou en Algérie. Pourtant, l’homme qu’elle épouse, elle le connaît à peine. « Je me suis mariée avec quelqu’un que je ne connaissais pas », confie-t-elle aujourd’hui, évoquant la date du 14 novembre 1992 comme un tournant irréversible.
« Je n’arrivais pas à dire oui »

Plus de trente ans après, Rachida Dati parle d’un mariage “forcé” par le poids des attentes sociales, davantage que par une contrainte juridique. Face à Agathe Lecaron, elle décrit une scène marquée par la tension et les larmes.
« Je suis en larmes, la cérémonie est dure, je n’arrive pas à dire “oui” », raconte-t-elle. La salle retient son souffle, l’atmosphère est lourde. Sous la pression, elle finit par prononcer ce mot qui scelle son destin. Selon elle, même l’élu officiant aurait perçu son malaise.
Une séparation difficilement acceptée
Très rapidement, la situation devient invivable. Elle souhaite mettre fin à cette union, mais se heurte au refus de ses parents. Le regard des autres pèse lourd dans la décision familiale.
Son père, dit-elle, s’y oppose fermement : « Qu’est-ce qu’ils vont dire ? » Face à cette injonction, elle cède une nouvelle fois. Elle évoque une période de profonde détresse, marquée par une perte de poids importante et un mal-être grandissant. « Ça devenait très, très compliqué », résume-t-elle avec gravité.










