Son histoire a profondément marqué l’opinion publique. Derrière les murs d’un foyer en apparence paisible, Gisèle Pelicot a traversé des années d’épreuves inimaginables.

Aujourd’hui, à 73 ans, elle choisit de raconter son parcours dans un livre puissant, porté par une volonté farouche de transmettre un message d’espoir. Pendant longtemps, Gisèle Pelicot a mené une existence que rien ne semblait distinguer. Pourtant, entre 2011 et 2019, elle a été victime de faits d’une gravité exceptionnelle commis par son propre mari, qui l’a placée à plusieurs reprises dans des situations d’une extrême vulnérabilité. Les révélations issues de l’enquête, appuyées par des milliers d’images et de vidéos, ont bouleversé la France entière.
Face à l’ampleur des éléments découverts, elle a fait le choix courageux de s’exprimer publiquement et d’affronter devant la justice les dizaines d’hommes impliqués. Ce positionnement, rare et déterminé, a fait d’elle une figure emblématique du combat contre les violences au sein du couple. Son histoire, douloureuse, est devenue un symbole de résistance et de dignité.

Un livre pour transmettre et reconstruire
Le 17 février, Gisèle Pelicot publiera ses mémoires, intitulées Et la joie de vivre. Coécrit avec la journaliste Judith Perrignon, l’ouvrage paraîtra simultanément en 22 langues. Ce récit intime revient non seulement sur les faits, mais aussi sur les répercussions familiales d’une telle affaire, notamment sur ses proches et sur les liens fragilisés par l’épreuve.
Initialement réticente à l’idée d’écrire, elle explique avoir compris que son histoire pouvait avoir une portée plus large. Dans un entretien accordé à Télérama, elle confie s’être interrogée sur l’utilité d’un tel projet avant de conclure que son expérience pourrait aider d’autres personnes à trouver la force de parler. Le livre explore ainsi le long chemin de reconstruction, les silences, les fractures et les tentatives pour recoller les morceaux.
Une optimiste malgré l’épreuve

Malgré les années difficiles et l’exposition médiatique du procès, Gisèle Pelicot refuse de se définir uniquement par ce qu’elle a traversé. Elle revendique une joie de vivre intacte, presque revendiquée comme un acte de résistance. « Je suis une optimiste inconditionnelle », affirme-t-elle, reconnaissant bien sûr les moments de profonde tristesse, mais refusant de laisser l’obscurité l’emporter.
À 73 ans, elle assure se sentir pleinement vivante et s’autoriser à être heureuse. Elle évoque la possibilité de nouer de nouvelles amitiés, et même de retrouver l’amour. Ce discours, à la fois lucide et lumineux, surprend par sa force intérieure. Il traduit une volonté farouche de ne pas laisser l’épreuve définir l’ensemble d’une existence.
Invitée sur le plateau de C à vous à l’approche de la sortie de son ouvrage, Gisèle Pelicot a également évoqué une décision marquante. Elle souhaite rendre visite à son ancien mari en détention. Cette démarche, profondément personnelle, vise à obtenir des réponses restées en suspens.
Elle exprime le besoin de comprendre : comment une telle situation a-t-elle pu se produire ? Comment un homme pouvait-il partager un quotidien familial tout en menant une double vie ? Au-delà de la colère ou du ressentiment, c’est une quête de sens qui semble guider cette décision.










