
Son maître d’apprentissage et plusieurs organisations professionnelles réclament un geste de l’État. Arrivé en France il y a trois ans, Diakité avait trouvé sa voie dans la boulangerie et obtenu de bons résultats aux épreuves pratiques de son CAP. Mais son échec en français a suffi à déclencher une Obligation de quitter le territoire français. Gérard Pineau, son maître d’apprentissage à Tours, dénonce une décision absurde : « Il ne cherche qu’à travailler, il veut réussir ici », affirme-t-il sur RMC. Depuis fin août, privé de son poste et de logement, le jeune homme dort sous une tente et survit grâce à l’aide du Centre d’entraide et de solidarité.
Une décision jugée contre-productive

Pour Gérard Pineau, cette situation illustre un paradoxe : « Les délinquants sous OQTF restent en France, mais un jeune motivé qu’on a formé se retrouve à la rue. » L’artisan, en colère, appelle à un examen plus humain et pragmatique des dossiers d’apprentis étrangers, surtout dans un secteur qui peine à recruter.
Un soutien grandissant des acteurs locaux

Le président de la Chambre des métiers et de l’artisanat d’Indre-et-Loire, Gérard Bobier, plaide lui aussi pour une approche plus souple : « Quand un jeune veut apprendre et qu’il donne satisfaction, il faut savoir adapter la réglementation », explique-t-il à ICI Touraine. L’Umih 37, représentant l’hôtellerie et la restauration, s’est également mobilisée, rappelant que onze autres apprentis du département se trouvent dans une situation similaire.
