À Dubaï, destination prisée par de nombreux influenceurs français, les tensions régionales ont déclenché une vague d’inquiétude et un débat inattendu en France : faut-il rapatrier ces créateurs de contenus, et surtout, que se passera-t-il sur le plan fiscal s’ils reviennent ?

Depuis plusieurs années, Dubaï s’est imposée comme un point de chute privilégié pour de nombreux créateurs de contenus. La ville des Émirats arabes unis séduit par son cadre de vie moderne, son climat ensoleillé et surtout une fiscalité extrêmement avantageuse.
Contrairement à la France, les revenus professionnels, les dividendes ou encore les gains issus d’investissements n’y sont pas soumis à l’impôt sur le revenu. Un argument décisif pour certains influenceurs, entrepreneurs du numérique ou personnalités de télé-réalité qui y ont installé leur activité.
Mais la situation géopolitique régionale a récemment changé la donne. Après les frappes israélo-américaines contre l’Iran et la riposte iranienne dans plusieurs pays du Golfe, la tension s’est propagée dans toute la région. La fermeture de l’aéroport international de Dubaï « jusqu’à nouvel ordre » a alors laissé plusieurs expatriés français dans l’incertitude.
Des appels à l’aide qui font polémique

Parmi ceux qui ont exprimé leur inquiétude figure l’influenceuse Maeva Ghennam, très suivie sur les réseaux sociaux. Comme d’autres personnalités du web, elle a demandé l’intervention des autorités françaises pour organiser un éventuel rapatriement.
Ces appels ont rapidement suscité des réactions contrastées. Sur internet, certains internautes ont critiqué des expatriés qui ont choisi Dubaï pour ses avantages fiscaux mais sollicitent aujourd’hui l’aide de l’État français.
De son côté, le vidéaste Tibo InShape a ironisé sur la situation, illustrant le climat de débat qui entoure désormais ces expatriés.
Une question fiscale au cœur du débat
Au-delà de l’aspect sécuritaire, le retour éventuel de ces influenceurs en France a relancé une question sensible : leur situation fiscale. Selon l’économiste Philippe Crevel, directeur du Cercle de l’Épargne, tout dépend du statut réel des intéressés.
Un expatrié fiscal qui réside réellement à Dubaï n’est pas soumis à l’impôt français sur ses revenus internationaux. En revanche, s’il possède un patrimoine en France, celui-ci peut rester imposable sur le territoire.
Pour être considéré comme résident fiscal aux Émirats, il faut généralement passer plus de 183 jours par an dans le pays et y avoir le centre de ses intérêts économiques et personnels.
Des contrôles possibles en cas de retour

Si ces conditions ne sont pas remplies, l’administration française peut considérer que la personne reste fiscalement domiciliée en France. Dans ce cas, les revenus perçus à l’étranger peuvent être imposables.
Les autorités peuvent également demander des explications sur l’origine des fonds. Le ministère de l’Économie peut exiger que certains expatriés justifient leurs revenus, notamment si des soupçons d’activités illégales apparaissent.
Cependant, Philippe Crevel rappelle que l’optimisation fiscale n’est pas illégale. Un influenceur correctement immatriculé à Dubaï et exerçant une activité déclarée ne risque pas de sanctions particulières.
Entre optimisation fiscale et zones grises
Le débat met en lumière une réalité complexe. Certains expatriés respectent scrupuleusement les règles internationales, tandis que d’autres pourraient exploiter des zones grises juridiques.
Dans un contexte de tensions géopolitiques et de polémique publique, la situation de ces influenceurs pourrait donc être examinée avec plus d’attention si leur retour en France se confirmait.










