La présidente de France Télévisions se retrouve sous la loupe de la justice.

Selon des informations rendues publiques le 11 février, une information judiciaire vise Delphine Ernotte-Cunci dans une affaire liée à des frais d’hébergement engagés lors du Festival de Cannes 2023. Une procédure qui relance le débat sur la gestion des ressources au sein du groupe public.
D’après le média spécialisé La Lettre, une juge d’instruction du tribunal judiciaire de Paris a ouvert une information judiciaire visant Delphine Ernotte-Cunci, actuelle PDG de France Télévisions.

La dirigeante est soupçonnée d’« abus de biens sociaux et recel » ainsi que de « soustraction, détournement ou destruction de biens d’un dépôt public », à la suite d’une enquête préliminaire menée par le parquet.
Un séjour à Cannes au cœur du dossier
L’affaire concerne un déplacement de l’état-major du groupe au Hôtel Majestic, du 16 au 27 mai 2023, en marge du Festival de Cannes. Selon le syndicat CFE-CGC, à l’origine d’une plainte déposée en 2024, la facture aurait dépassé 110 000 euros. Le montant, jugé disproportionné, dépasserait largement le plafond spécifique autorisé de 350 euros par nuit, selon les plaignants.
La question du « barter »

France Télévisions réfute toute irrégularité. Contactée par l’AFP, l’entreprise assure qu’« pas un euro d’argent public » n’a été mobilisé pour ces hébergements. Le groupe invoque la pratique du « barter », un mécanisme consistant à échanger des prestations – ici des nuitées – contre des espaces publicitaires invendus. Selon la direction, il s’agirait d’une méthode courante, légale et répandue dans le secteur des médias, ne générant aucune dépense budgétaire directe.
Le syndicat sceptique
Du côté de la CFE-CGC, le ton est nettement plus critique. Son représentant, Jean-Jacques Cordival, estime qu’il était « grand temps que la justice se penche sur ce dossier ». L’avocat du syndicat, Me Pierre-Olivier Lambert, a indiqué attendre que Delphine Ernotte-Cunci soit entendue personnellement. Les plaignants doutent de la réalité d’un simple échange publicitaire contre des chambres d’hôtel quatre étoiles, jugeant l’opération peu transparente.








