Une banderole déployée dans les couloirs du Parlement européen a ravivé les tensions autour du droit à l’avortement.

À l’initiative d’élus d’extrême droite, le message anti-IVG a immédiatement provoqué une vague d’indignation, notamment parmi les représentants de la gauche et du centre, qui dénoncent une remise en cause d’un droit fondamental.
Jeudi 12 février, plusieurs eurodéputés appartenant au groupe ECR ont organisé un happening au sein même du Parlement européen. Une banderole arborant un fœtus accompagné du slogan « It’s a life, not a choice » a été déployée dans les couloirs de l’institution, suscitant de vives réactions. L’initiative a été revendiquée par des membres du groupe, dont certains ont diffusé des photos de l’action sur les réseaux sociaux.
Le nom du député chypriote Geadis Geadi figurait au bas de l’affiche. Parmi les élus présents sur les images relayées en ligne, on apercevait notamment le Français Nicolas Bay. Marion Maréchal, élue sur la liste soutenue par Éric Zemmour en 2024, appartient également au groupe ECR.

L’indignation de la gauche européenne
La réaction ne s’est pas fait attendre. Manon Aubry, co-présidente du groupe de la Gauche au Parlement européen, a dénoncé avec fermeté une attaque contre le droit à l’avortement, rappelant que « l’avortement n’est pas un simple choix, c’est un droit ». Dans l’hémicycle, elle a pris la parole pour condamner ce qu’elle qualifie de démonstration idéologique assumée.
Selon elle, cette action s’inscrit dans une volonté de remettre en cause les acquis des luttes féministes. Elle a notamment évoqué la situation de pays où l’accès à l’IVG demeure restreint, citant la Pologne, et rappelé les combats menés par les générations précédentes pour obtenir ce droit.
Un contexte européen déjà tendu

L’initiative intervient quelques semaines après l’adoption d’une résolution garantissant « l’accès à un avortement sûr et légal dans toute l’Union européenne ». Ce texte vise à permettre aux femmes privées d’accès à l’IVG dans leur pays de se rendre dans un autre État membre volontaire, une mesure soutenue par 358 eurodéputés lors du vote de décembre. 202 s’y étaient opposés et 79 s’étaient abstenus.
À l’époque, le groupe de la Gauche avait lui-même affiché une banderole pro-IVG dans l’enceinte parlementaire. Les échanges actuels témoignent donc d’un climat particulièrement polarisé autour de la question des droits reproductifs.
Au-delà de la gauche, d’autres voix se sont élevées. Valérie Hayer, tête de liste Renaissance aux dernières élections européennes, s’est dite « absolument indignée » par le déploiement de la banderole, soulignant que près de 20 millions de femmes dans l’Union européenne n’ont toujours pas accès à un avortement sûr et légal. Elle appelle à des sanctions à l’encontre des responsables de cette action.










