La justice a tranché dans une affaire emblématique des dérives du narcotrafic marseillais.

Jeudi 12 février, un adolescent de 17 ans a été condamné à 17 ans de réclusion criminelle pour le meurtre d’un chauffeur VTC en octobre 2024. Recruté sur les réseaux sociaux, il s’apprêtait à exécuter un contrat lié à une guerre de clans.
La cour a prononcé une peine de 17 ans de réclusion criminelle à l’encontre d’un jeune homme âgé de 14 ans au moment des faits, reconnu coupable du meurtre d’un chauffeur VTC à Marseille. Le Parquet national anticriminalité organisée (Pnaco) avait requis 20 ans d’emprisonnement, soit la peine maximale encourue, ainsi que dix années de suivi socio-judiciaire.
Il s’agit des premières réquisitions portées par le Pnaco, structure récemment mise en place pour lutter contre la criminalité organisée. Les avocats du condamné ont d’ores et déjà annoncé leur intention de faire appel.

Un contrat à 50.000 euros recruté en ligne
Selon les éléments de l’enquête, l’adolescent aurait été recruté directement sur les réseaux sociaux pour la somme de 50.000 euros afin d’exécuter un contrat d’assassinat. Il se trouvait en route pour accomplir cette mission lorsqu’il a ouvert le feu le 4 octobre 2024.
La victime, Nessim Ramdane, 36 ans, a été mortellement touchée alors qu’il conduisait son véhicule. La voiture, hors de contrôle après les tirs, est venue s’encastrer contre le mur d’une école maternelle, accentuant l’onde de choc provoquée par le drame. Selon les investigations, un différend aurait éclaté lorsque le chauffeur aurait tenté d’arrêter son véhicule en apercevant la cible présumée sur le trottoir.
Une guerre de clans en toile de fond

L’affaire s’inscrit dans le contexte explosif des rivalités entre bandes marseillaises. Le jeune tireur, surnommé « Pepito », avait été missionné pour éliminer un membre du clan des « Blacks » de la cité Félix Pyat, rivaux de la DZ Mafia. Cette opération devait constituer une vengeance après l’assassinat particulièrement violent d’un adolescent de 15 ans, poignardé puis brûlé vif deux jours plus tôt.
Mais le contrat a dérapé. Le commanditaire présumé, Hacène L., dit « Le H », détenu à la prison de Luynes et se présentant comme membre de la DZ Mafia, aurait dénoncé l’auteur des tirs aux forces de l’ordre. Il reprochait au jeune homme de ne pas avoir respecté la cible initialement désignée.
Cette condamnation intervient dans un contexte de durcissement de la réponse judiciaire face au narcotrafic. La création du Parquet national anticriminalité organisée vise précisément à structurer la lutte contre ces réseaux violents, qui recrutent de plus en plus de mineurs pour commettre des actes criminels.










