Le procès en appel d’Isabelle Adjani ravive une affaire judiciaire complexe mêlant fiscalité, gestion patrimoniale et responsabilités personnelles.

Devant la cour d’appel de Paris, les débats ont opposé une ligne accusatrice ferme à une défense qui insiste sur les circonstances et le rôle de l’entourage de l’actrice. Lors de l’audience devant la cour d’appel de Paris, le parquet général a requis des sanctions significatives à l’encontre de Isabelle Adjani. L’avocat général a demandé une peine de 18 à 24 mois de prison avec sursis probatoire, assortie d’une amende de 250 000 euros et de deux ans d’inéligibilité, dans le cadre de poursuites pour fraude fiscale aggravée et blanchiment.
Le magistrat a également sollicité la confirmation intégrale du jugement rendu en première instance. Selon lui, les éléments présentés lors de l’audience n’ont pas remis en cause l’analyse juridique initiale des faits, malgré la présence de l’actrice à ce procès en appel.
Une défense centrée sur la responsabilité de l’entourage
À la barre, Isabelle Adjani a rejeté toute intention frauduleuse. Elle s’est présentée comme victime de dysfonctionnements et d’erreurs imputables à ses conseillers, expliquant ne pas avoir directement géré ses obligations fiscales.

L’actrice a notamment évoqué sa difficulté à s’occuper des démarches administratives. Elle affirme avoir confié la gestion de ses affaires à des professionnels censés agir dans le respect des règles, tout en reconnaissant ne pas avoir contrôlé leurs actions de manière approfondie.
Elle met également en cause certaines personnes de son entourage, qu’elle estime responsables de situations préjudiciables. Selon ses déclarations, ces relations auraient contribué à une gestion défaillante de ses affaires financières, renforçant sa ligne de défense.
Des faits fiscaux contestés mais maintenus par l’accusation
Les poursuites portent sur plusieurs éléments distincts. Isabelle Adjani est notamment accusée d’avoir déclaré une résidence au Portugal entre 2016 et 2017. Selon l’accusation, cette domiciliation ne correspondrait pas à la réalité de sa situation, l’actrice étant considérée comme résidente fiscale en France.
D’autres faits sont également examinés, notamment la qualification d’une somme perçue en 2013, présentée comme un prêt, ainsi que des mouvements financiers transitant par l’étranger. Pour les autorités fiscales, ces opérations traduisent une volonté d’optimisation contestée, incompatible avec les obligations déclaratives.
La Direction générale des finances publiques soutient que l’ensemble de la situation fiscale de l’actrice repose sur des montages jugés incohérents, mettant en doute la régularité des déclarations effectuées.
Une audience marquée par des échanges tendus

Les débats ont donné lieu à plusieurs échanges entre la cour et l’actrice. Interrogée sur le rôle de ses conseillers fiscaux, elle a reconnu ne pas avoir été en mesure d’évaluer la qualité de leur travail, tout en maintenant sa confiance initiale à leur égard.
Concernant sa résidence au Portugal, elle a expliqué disposer d’attaches dans ce pays, tout en précisant ne pas y être installée de manière permanente. Cette position a été contestée par l’accusation, qui considère que son centre de vie demeurait en France.










