
Sur plus de 900 patientes diagnostiquées avant 55 ans (1985-2008), 46 maladies coronariennes ont été recensées, dont 91 % au-delà de cinq ans après l’irradiation. Sur la durée de suivi (jusqu’à 27 ans), l’incidence après radiothérapie du sein gauche atteint 10,5 %, contre 5,8 % pour le sein droit. Le risque est faible à court terme, mais s’accumule avec le temps.
L’explication est anatomique : le cœur, surtout l’artère interventriculaire antérieure, est plus proche du sein gauche, si bien qu’une fraction de dose peut l’atteindre malgré les précautions modernes. Les techniques actuelles (blocages respiratoires en inspiration profonde, modulation d’intensité, protonthérapie) abaissent notablement la dose cardiaque, sans la supprimer totalement. Réduire la dose moyenne au cœur reste le meilleur “assurance-vie” coronarienne.
Message clinique : traiter le cancer sans négliger le cœur

Les auteurs insistent : la radiothérapie améliore la survie (≥ 90 % à 10 ans aux stades I, > 75 % au stade II chez les < 50 ans) et demeure indispensable. Mais les femmes irradiées à gauche doivent être considérées à risque cardiovasculaire plus élevé à vie, avec information claire au consentement. Soigner aujourd’hui, protéger demain : les deux sont indissociables.
Quand le risque se déclare : la longue latence
La plupart des événements surviennent au-delà de cinq à dix ans : coronaropathie, angor, infarctus. D’où l’importance d’un carnet de suivi cardio-oncologique mentionnant dose cardiaque moyenne, volumes irradiés, traitements associés. Ce qui n’est pas surveillé finit souvent par surprendre ; un planning de contrôles évite les “rendez-vous manqués”.
