L’hiver ralentit les corps et brouille les repères. Chez les seniors, fatigue, appétit en berne et sorties plus rares sont souvent attribués à la saison ou à l’âge.

Pourtant, certains enchaînements de signes discrets méritent une vigilance accrue pour éviter des diagnostics trop tardifs. La Cancer survient majoritairement après 65 ans. Dans ce contexte, une fatigue qui s’installe peut être banalisée. Les spécialistes rappellent qu’en hiver, le besoin de sommeil augmente naturellement, sans que cela soit, à lui seul, inquiétant.
Ce qui doit alerter, en revanche, c’est une fatigue persistante, qui dure plusieurs semaines, ne cède pas au repos et complique les gestes du quotidien.
Pourquoi ces signes passent souvent inaperçus
Beaucoup de personnes âgées attribuent ces changements à l’âge : « c’est normal, je vieillis ». Cette phrase, fréquemment entendue en consultation, explique une part des retards diagnostiques. L’oncogériatrie souligne que certains symptômes sont trop vite considérés comme inévitables, alors qu’ils méritent une évaluation médicale.
C’est dans ce cadre que les médecins évoquent les « trois A » à surveiller après 60 ans.
Les « trois A » à ne jamais banaliser

Les praticiens interrogés par Allodocteurs résument cette vigilance autour de trois signes associés :
Asthénie : un épuisement constant, présent dès le réveil.
Anorexie : une perte d’appétit durable, des repas sautés sans raison.
Amaigrissement involontaire : des kilos perdus sans régime.
Pris séparément, ces signes peuvent avoir de nombreuses causes. Mais lorsqu’ils apparaissent ensemble et persistent, ils justifient une consultation rapide.
L’amaigrissement, un indicateur clé
Une perte de plus de 5 % du poids corporel en moins d’un an est considérée comme significative. Comme le rappelle le Pr Éric Boulanger dans Marie France, cet amaigrissement peut être lié à des pathologies cardiaques, pulmonaires, rénales, endocriniennes, digestives ou psychiques.
Le cancer fait partie des causes systématiquement recherchées lorsqu’un tel amaigrissement est constaté, d’où l’importance de ne pas minimiser ce signe.
Que faire lorsque ces signes persistent ?

Chez un senior, l’association de ces trois symptômes, surtout si elle s’accompagne de sueurs nocturnes, de fièvre, d’une toux prolongée, de douleurs ou de saignements inhabituels, doit conduire à consulter sans tarder. Le médecin pourra prescrire un bilan sanguin et, si nécessaire, des examens d’imagerie.
Un diagnostic précoce change radicalement les possibilités de prise en charge.
Le rôle essentiel des proches
Les proches ont souvent un rôle déterminant. Observer l’énergie quotidienne, remarquer des assiettes peu touchées, peser la personne une fois par mois permet de détecter un changement discret. Beaucoup de seniors minimisent leurs symptômes pour ne pas inquiéter.










