La question de la réhabilitation de Bertrand Cantat cristallise aujourd’hui les tensions. Yael Mellul, présidente de l’association Femme et Libre, a exprimé son indignation sur RMC dans l’émission Estelle Midi. Pour elle, la société ne peut pas faire comme si quelques années de prison effaçaient le meurtre d’une femme. « La vraie question, c’est celle de l’oubli », martèle-t-elle, en référence à cette volonté collective de tourner la page, voire de pardonner, sous prétexte de talent artistique. La réaction de Mellul illustre une fracture profonde entre les partisans du « pardon » et ceux qui refusent l’oubli au nom des victimes.
Un boycott symbolique mais significatif

Face à cette polémique, la radio Vibration a pris une décision forte et symbolique : ne plus diffuser aucune chanson de Bertrand Cantat, que ce soit en solo ou avec Noir Désir. Cette prise de position, annoncée sur leur site officiel, s’accompagne d’une réflexion assumée : « Peut-on encore séparer l’homme de l’artiste ? » Dans un article intitulé Pourquoi nous refusons de diffuser Bertrand Cantat, les programmateurs justifient leur choix : « Aucune mélodie, aucun texte, aussi beaux soient-ils, ne sauraient le justifier. » Selon eux, continuer à faire entendre la voix de Cantat, c’est entretenir une forme de déni collectif face aux violences conjugales.
