Entre indices troublants, expertises médico-légales et soupçons persistants, l’enquête s’oriente désormais vers une hypothèse criminelle qui continue de diviser et d’émouvoir.
Le 8 juillet 2023, Émile Soleil, âgé de deux ans et demi, disparaît dans le hameau isolé du Haut-Vernet, dans les Alpes-de-Haute-Provence. En vacances chez ses grands-parents maternels, Anne et Philippe Vedovini, l’enfant échappe à leur vigilance quelques minutes seulement. Malgré des recherches massives mobilisant gendarmes, bénévoles et moyens aériens, aucune trace du garçonnet n’est retrouvée dans les jours qui suivent.
Des ossements découverts un an plus tard
Il faudra attendre le printemps 2024 pour que l’enquête prenne un tournant majeur. Des ossements appartenant à Émile Soleil sont découverts à plusieurs kilomètres de la maison familiale. Le parquet d’Aix-en-Provence révèle alors un élément capital : les restes du petit garçon auraient été déplacés peu avant leur découverte, ce qui renforce nettement la thèse d’une intervention humaine.
La piste criminelle désormais privilégiée
Les expertises médico-légales apportent des conclusions lourdes de sens. Les enquêteurs constatent que le corps de l’enfant ne s’est pas décomposé dans les vêtements retrouvés, et que son crâne présente des stigmates compatibles avec un traumatisme violent. Pour les magistrats, Émile n’aurait jamais quitté le Haut-Vernet vivant, une affirmation qui oriente désormais clairement l’enquête vers une piste criminelle.
La famille au cœur des investigations
Très vite, l’attention des enquêteurs se concentre sur l’entourage proche de l’enfant. Les domiciles familiaux, au Haut-Vernet comme à La Bouilladisse, font l’objet de plusieurs perquisitions. En 2024, Anne et Philippe Vedovini, grands-parents d’Émile, sont placés en garde à vue pour « recel de cadavre » et « homicide volontaire », tout comme deux de leurs enfants. Faute de charges suffisantes, aucune mise en examen n’est toutefois prononcée, laissant planer le doute sans permettre d’avancée judiciaire décisive.
Des témoignages et des soupçons persistants

Si la piste familiale n’est pas refermée, elle demeure fragile. Certains proches évoquent néanmoins des comportements jugés atypiques au sein du clan Vedovini. Des voisins et connaissances décrivent une famille très structurée, marquée par une éducation religieuse stricte, dans laquelle Émile aurait détonné par son caractère plus libre et indocile, selon une source citée par Le Parisien.

