La fréquence aurait elle aussi diminué. En 2024, 43 % des Français déclaraient avoir des rapports au moins une fois par semaine, contre 58 % en 2009.
Ces chiffres alimentent l’idée d’une « récession sexuelle », expression utilisée pour désigner la diminution de l’activité sexuelle observée dans plusieurs populations. L’absence de rapports ne constitue toutefois pas, à elle seule, une maladie ou un problème médical.
Le corps peut-il réellement changer après une longue abstinence ?
Certains effets physiques parfois attribués à l’abstinence nécessitent d’être nuancés. Chez les hommes, il est notamment question d’atrophie pénienne, mais l’absence de rapports sexuels ne signifie pas automatiquement que le pénis va rétrécir.
Les modifications des tissus érectiles peuvent être associées à différentes situations médicales et à une diminution prolongée des érections. Présenter la simple abstinence comme provoquant systématiquement une réduction de la taille du pénis serait donc excessif.
Chez les femmes, une longue période sans pénétration peut parfois rendre la reprise des rapports inconfortable, mais là encore, l’abstinence ne provoque pas mécaniquement une « atrophie » du vagin. Les douleurs peuvent dépendre de nombreux facteurs, notamment de la lubrification, de la tension musculaire, de l’excitation ou encore de changements hormonaux.
Ces derniers jouent particulièrement un rôle autour de la ménopause, période durant laquelle la baisse des œstrogènes peut entraîner sécheresse, fragilité des tissus et inconfort pendant les rapports, indépendamment de la fréquence de l’activité sexuelle.
Abstinence, prostate et santé : attention aux raccourcis
Certaines études se sont également intéressées à une éventuelle association entre fréquence de l’éjaculation et santé de la prostate. Des travaux observationnels ont rapporté une association entre une fréquence d’éjaculation plus élevée et un risque plus faible de diagnostic de cancer de la prostate.
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