Depuis, plus de 100 000 euros se sont évaporés. Derrière une romance exotique, une possible arnaque affective, que son fils dénonce avec désespoir, dans l’indifférence glaçante des autorités. L’histoire commence à l’été 2024, dans la commune paisible de Bois-Guillaume. Marie-José, veuve pour la seconde fois, ancienne nourrice, vient de traverser deux chocs : la perte d’une amie proche et l’euthanasie de son chien. Son fils Xavier, venu lui remonter le moral, la trouve distante, absorbée par sa tablette. Peu après, elle lui présente en visio un certain “Christ”, jeune homme ivoirien de 28 ans, qu’elle croit d’abord être le célèbre animateur Frédéric Lopez.
Dévoilé dans le mensonge, le jeune homme n’est pas rejeté, au contraire. Marie-José s’accroche à cette relation virtuelle, qui prend une tournure bien plus concrète : en septembre, elle part secrètement pour Abidjan, sans prévenir ni son fils, ni ses petites-filles, ni ses amis. Depuis, les appels sont rares, les échanges souvent confus, et la réalité de sa nouvelle vie inquiétante.
Une fuite qui inquiète, un fils impuissant
Pour Xavier, il ne fait aucun doute : sa mère est sous emprise. Les photos reçues la montrent souriante, mais diminuée, amaigrie, les jambes gonflées, désorientée. Elle raconte s’être écroulée de fatigue, réveillée perdue dans une chambre inconnue. Diabétique, hypertendue, elle semble ne plus recevoir de soins appropriés.
Ses relevés bancaires sont alarmants : plus de 3 000 euros envolés chaque mois en quelques jours. Virements, achats de véhicules, factures… Marie-José est, selon son entourage, vidée de ses ressources. Elle tente même de débloquer son assurance-vie, signe que les sommes engagées dépassent déjà les 100 000 euros. Et pourtant, face aux alertes répétées de Xavier, les institutions françaises restent sourdes.
Aucune réponse des autorités, malgré les alertes

Deux plaintes déposées en France, cinq signalements au parquet de Rouen : toutes classées sans suite. Pour Me Nadège Fusina, avocate de la famille, c’est un abandon inacceptable. « Même pas un contact avec l’ambassade, aucune diligence. La vie d’une femme de 82 ans est en jeu, et personne ne bouge », dénonce-t-elle.

