À Abidjan, l’ambassade de France aurait convoqué Marie-José et son compagnon, mais sans résultat probant. Un diplomate glisse que la vieille dame serait bien « sous emprise », comme d’autres avant elle. Car le scénario est connu des autorités : relations affectives entretenues par des “brouteurs”, jeunes escrocs spécialisés dans les arnaques sentimentales, qui vivent du portefeuille de retraités français.
Quand l’argent vient à manquer, les victimes sont simplement déposées devant l’ambassade.
Un système rodé, des victimes multiples

Marie-José n’est pas la seule. Françoise, 72 ans, également veuve, dit avoir perdu 40 000 euros après avoir été mise en relation avec elle. Aujourd’hui encore, elle entretient le contact pour ne pas « la perdre de vue », consciente que Marie-José n’est « pas lucide ». Le cas de la retraitée française révèle un système bien huilé, cruel et efficace, où des individus repèrent la solitude, manipulent l’affect, et vident les comptes.
Là où certains voient une histoire d’amour tardive, Xavier, lui, voit une descente aux enfers. Il alerte, supplie, appelle. Dernier échange avec sa mère : un « Maman, je t’aime et je veux que tu reviennes », raccroché au nez. Il n’abandonne pas, mais l’espoir s’effrite : « Elle a détruit toute une famille. Mais j’espère qu’il n’est pas trop tard », confie-t-il, le cœur en miettes.
Une urgence silencieuse, une responsabilité collective
Cette affaire soulève une question majeure : que fait l’État face aux dérives numériques qui brisent des vies ? Entre insouciance administrative et invisibilité du phénomène, les arnaques sentimentales ciblant les personnes âgées se multiplient. Solitude, vulnérabilité, isolement numérique… les proies sont nombreuses, et les réponses judiciaires, trop souvent absentes.
