Le choc de 1995 : un tournant secret
Pour Bruno de Stabenrath, l’origine de la dérive de Xavier remonte à un événement bien antérieur aux meurtres : l’effondrement de l’Église de Philadelphie, un mouvement religieux dirigé par Geneviève Dupont de Ligonnès, la propre mère du suspect. « Le monde de Xavier s’écroule », raconte-t-il, en évoquant la découverte par Xavier de la nature « mythomane mystique » de sa mère. Cette révélation aurait provoqué une blessure profonde, jamais cicatrisée, accentuée par l’incapacité chronique du fils à affronter la réalité.
Un amour filial complexe et destructeur

Malgré ce choc, Xavier n’aurait jamais cessé d’aimer sa mère, nourrissant avec elle une relation ambiguë et douloureuse. « Jamais il n’a osé lui dire la vérité en face », regrette Bruno de Stabenrath. Cette soumission émotionnelle, selon lui, aurait nourri un mal-être silencieux, envenimant lentement l’équilibre mental du futur fugitif, sans qu’aucun de ses proches ne perçoive l’ampleur du drame intérieur.
Interrogé sur l’éventuelle culpabilité de Xavier, Bruno ne laisse planer aucun doute. « Tout dans le dossier de police l’accuse, » affirme-t-il sans détour. Il pointe du doigt la lettre laissée par Xavier avant sa fuite, la qualifiant de « tissu de mensonges », preuve selon lui d’une préméditation froide et méthodique. La thèse d’une innocence involontaire semble donc écartée, au profit d’une vision plus sombre du personnage.
Un élément suscite particulièrement l’étonnement de Bruno de Stabenrath : le silence total de Xavier concernant le fusil de chasse hérité de son père. Dans sa lettre, il évoque de nombreux sujets personnels mais omet sciemment l’existence de cette arme, pourtant déterminante dans l’affaire. Pour son ami, ce mutisme est une pièce maîtresse de l’accusation, renforçant l’idée d’un crime mûrement réfléchi, et non d’un passage à l’acte impulsif.
