Le projet LaughLab ne cherchait pas uniquement à établir un classement. Les données recueillies permettaient également d’examiner les différences de sensibilité humoristique entre les participants de différentes nationalités et cultures.
Cette dimension est essentielle, car l’existence d’une plaisanterie bien classée à l’échelle internationale ne signifie pas que l’humour soit universel dans toutes ses formes. Certaines constructions fonctionnent parfaitement dans une langue mais deviennent difficiles à traduire.
C’est particulièrement évident avec les jeux de mots. Une plaisanterie reposant sur deux significations d’un même terme peut perdre tout son intérêt une fois traduite. Les références culturelles, les habitudes sociales et les codes propres à chaque pays influencent également la manière dont une histoire humoristique est reçue.
Les travaux issus de LaughLab ont ainsi mis en évidence des variations entre différents publics. Certaines populations semblaient davantage apprécier les jeux de mots ou les plaisanteries reposant sur des subtilités linguistiques, tandis que d’autres réagissaient davantage aux situations absurdes.
Il faut néanmoins rester prudent lorsqu’on transforme ces résultats en portraits définitifs de « l’humour français », « britannique » ou « américain ». Les préférences individuelles restent extrêmement diverses au sein d’un même pays, et une expérience en ligne ne permet évidemment pas de résumer l’humour de populations entières.
