Retailleau met en garde contre une réforme qu’il juge dangereuse pour la stabilité politique : « L’éparpillement auquel la proportionnelle conduirait est profondément déstabilisant », a-t-il affirmé. À ses yeux, ce mode de scrutin engendrerait « l’impuissance publique » en rendant les décisions politiques ingouvernables.
Une fracture idéologique dans l’exécutif

Cette divergence marque un tournant dans les relations entre le ministre et le Premier ministre. Après plus d’une heure d’entretien, Retailleau a déclaré que « toutes les options sont ouvertes » quant à son avenir place Beauvau. Une phrase lourde de sens qui laisse planer la menace d’une démission, si la réforme venait à être imposée contre son gré.
Laurent Wauquiez, chef de file des députés LR, et Mathieu Darnaud, président du groupe LR au Sénat, étaient également présents. Leur soutien à Retailleau souligne une opposition large et ferme des Républicains à cette réforme électorale, qui bouleverserait les équilibres politiques actuels.
Un attachement revendiqué au scrutin majoritaire

Pour Bruno Retailleau, la proportionnelle affaiblirait le lien entre le député et son territoire. Il défend un enracinement local des élus, socle du scrutin uninominal à deux tours en vigueur sous la Ve République, à l’exception notable de 1986.
« La droite est attachée à un lien de proximité entre l’élu et les citoyens, » a-t-il insisté. Selon lui, la proportionnelle renforcerait la fracture entre la France urbaine, plus représentée dans les partis émergents, et la France rurale, qui trouverait moins facilement ses relais politiques dans un système national.
