L’ancienne animatrice trouve pourtant la force de rendre hommage au courage de son mari. « Je sais que tu es fatigué de ce combat et je t’admire tellement mon amoureux, mais hors de question de se laisser abattre. JAMAIS ! »
Cette alternance entre moments de vulnérabilité et sursauts de détermination révèle l’épuisement moral qui accompagne la maladie. Un épuisement qui ne touche pas seulement le malade.

La Réalité Invisible De L’Aidant Familial
Cet épuisement que ressent Véronika, la psychologue Amélie Boukhobza le connaît bien. Pour elle, lorsque la maladie frappe un conjoint, « toute la vie se met à tourner autour d’elle ». Les rendez-vous médicaux, les traitements épuisants, les projets mis en pause. Un nouvel équilibre se dessine dans l’urgence.
On apprend alors à vivre « avec l’incertitude, la fatigue… et souvent, la peur », rappelle l’experte. Derrière chaque « chimio numéro 42 », il y a une épouse qui compte, qui accompagne, qui porte une part du fardeau.
L’équation est cruelle : il devient impossible d’épargner la souffrance au malade. Pire encore, celui-ci ne la supporte parfois pas. « Être aidant, c’est un acte d’amour immense, mais aussi un rôle usant », analyse Amélie Boukhobza.
Cette usure frappe dans l’ombre. Pendant que Gérald se rase les cheveux face au miroir, Véronika encaisse. Elle absorbe ses propres peurs, ses angoisses, ses moments de découragement. Le combat devient double : celui contre la maladie et celui pour tenir psychologiquement.
La psychologue insiste sur un point crucial : garder un peu d’espace à soi pour tenir sur la durée. Sans cela, « on s’épuise, parfois avant même le malade ». Un constat brutal mais nécessaire.
Préserver le couple exige d’accepter les changements, y compris dans l’intimité, et de maintenir le dialogue. Pour que la maladie n’efface pas tout le reste.
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